Samedi 27 juin 2009

Quand Catherine King s'aventure dans la nuit pour examiner les ossements humains mystérieusement apparus devant l'église de sa propriété, son amie Maria Dlamini la suit dans la nuit...

Cette phrase contient toute les clés de ce court roman. Du nom de famille des deux jeunes femmes, on dveine que l'une est blanche et européenne, l'autre africaine. On nous parle de mystère et d'église sur une propriété ... On peut en déduire que l'on est sur une terre où l'on peut avoir "une propriété". La suite du quatrième de couverture nous révèle que l'histoire se déroule en Afrique du Sud et conte l'amitié de Catherine et Maria. Encore une histoire en Afrique me direz-vous? Hé oui, car cette terre n'en finit pas de me surprendre. Ici, l'histoire n'est pas débordante d'originalité (adultère, trahisons, héritages). Le style m'a un peu interpellé. Lyrique interrompu d'envolées représentant les visions de la femme africaine.



Ce qui m'a plu, c'est Maria. cette femme qui refusa le destin qui lui état promis simplement parcequ'elle était noire... qui apprit à lire, à écrire, à déchiffrer le monde, à observer les Blancs et à les comprendre mieux qu'is ne le firent eux-mêmes.

Ce qui m'a plu, c'est cette église perchée au milieu des côtes escarpées. dans laquelle les noirs se livraient à des cérémonies étrangères aux blancs et à leur civilisation. Le regard porté par les Européens sur cette église m'a rappelé celui que j'avais, petite fille, sur l'église de ma grand mère, sur les femmes habillées de couleur qui s'y rendaient avec leurs ombrelles dentelées et les hommes avec un complet sombre. Qu'allaient-ils y faire? Le samedi n'est-il pa splus agréable passé tranquillement sous la véranda à lire des histoires du bout du monde...?

La couverture est belle aussi: deux amies enlacées qui regardent l'avenir, mais à qui appartient le troisième bras?

Une fois encore, j'ai revu en l'Afrique la terre qui a porté mes premières années, sauvage et dure. Mais aussi chaleureuse et acceuillante.

L'article de BoB
L'article de La Factory

A lire sur l'Afrique du Sud: Une saison blanche et sèche d'A BRINK.

Par La Nymphette - Publié dans : + de livres - Communauté : Litterature
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Lundi 22 juin 2009

Ce thème m'est cher. Il est riche. Politique, humanitaire, affaires. Nombreux sont les hommes qui se sont lancés à corps perdu dans une passion, une cause parfois sans espoir. Souvent, ils se sont retrouvés face à l'incompréhension du reste du monde: comment peut-on renier les siens, se perdre dans une cause? Comment peut-on s'oublier?

Deux films vus récemment illustrent cette thématique. Il s'agit bien sûr de grosses mécaniques hollywoodiennes avec les concessions que cela impose: les acteurs sont beaux et connus. Le scénario est probablement un peu lissé pour répondre aux critères du "1h30-45" de plaisir-réflexion-action.

Freedom's writer de Richard LAGRAVENESE,
un film choisi par Ana-Joe pour illustrer le 3° thème de nos écrits conjoints.

Une jeune professeur issue de quartiers très chics (Newport Beach, pour que vous visualisiez) se voit confié une classe à orientation "affirmative action". Elle réunit en son sein latinos, afro-américains et sino-américains (et un blondinet...!?!). Elle compte y exercer tout l'art d'être professeur, d'élever ses élèves vers la connaissance. Mais c'est compter sans l'administratrice coincée du lycée.

Voilà pour le pitch. Assez basique. Mais qui fonctionne. Les clés de ce succès: l'utilisation d'œuvres connues de tous: Roméo et Juliet, Le journal d'Ann Frank employés pour éveiller des jeunes en grande difficulté: leur faire découvrir la langue et le monde auquel celle-ci permet d'accéder. On ne se répétera jamais assez: la grammaire est la clé du monde! A cela s'ajoute un bon rythme, des tranches de vies et une bonne dose d'humour.


The constant gardener de F MEIRELLES. Grand inconnu de moi-même et pourtant reconnu par beaucoup.

Premier point important: ce titre."Constant Gardener", kesako, pourquoi n'est-il pas traduit? Il a quelque chose de mystérieux et d'inattendu. Très clairement, j'ai choisi ce film pour Ralph FIENNES, sans savoir du tout de quoi il retournait. Une vague idée d'Afrique. Je m'attendais à une resaucée de La ferme africaine, c'est dire!!! Evidemment, il n'en est rien. Arrêtez- moi si je me trompe mais j'ai trouvé dans ce titre des échos anti-voltairiens, un je-ne-sais quoi d'anti-candide: peut-être que pour voir le monde tel qu'il est se sortir de ses préjugés et préconceptions, il faut simplement lever la tête de son jardin! Même si cela n'arrive qu'après un drame!

Le drame est la mort d'une jeune femme dans le désert conduisant à Nairobi. Son assassinat. Extrêmement violent. Evidemment, sont immédiatement remontées de ma mémoires les scènes d'
et Le dernier roi d'Ecosse. Violemment tiré de mon rêve romantique donc! A partir de ce décès, l'époux, diplomate britannique en Afrique, souhaitant rendre hommage à la mémoire de sa femme, va reprendre ses documents personnels et y découvrir une mystérieuse lettre d'amour provenant d'un autre diplomate.

Bien sûr l'intrigue ne se limite pas à une histoire d'adultère. On y parle de l'Afrique telle qu'elle est aujourd'hui terrain de nos jeux d'occidentaux façon "Civilisation" (version évoluée). On y parle de nous, humains, de ce que nous sommes et que nous ne voulons pas être.

Ce film est profondément bouleversant parce que réaliste. Tout comme le roman de Russel BANKS, il vous hante, pénètre les tréfonds de votre être et vous interroge sur la personne que vous êtes.
American Darling

 
Alors... "Engagez-vous qu'ils disaient!!!"

Par La Nymphette - Publié dans : + de films
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Jeudi 18 juin 2009

Savez-vous quelle impression produit votre voix? Vous êtes-vous déjà demandé si vous apaisiez, excitiez ou énerviez? Si vous pouviez devenir acteur, lecteur, ou si définitivement, vous êtes « condamnés à l’écrit »? Il se dit parfois que les auteurs ont une histoire à raconter, c’est un abus de langage et une facilité: il ne suffit pas d’avoir quelque chose à raconter pour être écrivain, et quoi qu’il arrive, il ne raconte pas, il écrit. C’est ainsi que certains textes sont propres à l’oralité quand d’autres s’apprécient dans le silence et le calme. François BEGAUDEAU a prouvé par son récit Entre les murs et son adaptation cinématographique que son écriture se prêtait tout à fait à la haute voix.

 

Assez visible sur la scène médiatique depuis l’an dernier, BEGAUDEAU est aussi le critique littéraire de La Matinale de Canal +, émission sans laquelle je suis incapable de démarrer ma journée! Et, chaque ouvrage qu’il présente souvent des documents ou des récits, rarement des romans est honoré, non dans son plan marketing ou le talent de son auteur sur les plateaux TV, mais juste parce qu’il lui a plu. Dans sa chronique, nous avons déjà puisé: En cas d’amour et Nous, on n’aime pas lire. Alors ,lorsque j’ai entre-aperçu son nom sur le blog de Léthée, à propos d’une rencontre en public, mon sang n’a fait qu’un tour!

 

Carole ZALBERG organise des rencontres mensuelles à la Terrasse de Gutemberg, librairie à l’ancienne du 12° arrondissement. Jeudi dernier, elle recevait donc F BEGAUDEAU, ainsi que Cécile BACKES autour du dernier roman de celui-ci: Vers la douceur. Les deux invités ont échangés leurs lectures, alternant entre des chapitres tristes ou gais. On aura un aperçu représentatif de l’œuvre: liberté complète de style, pas de narration linéaire, plusieurs modes narratifs et un thème qui, s’il est connu ne sera jamais épuisé: le passage à l’âge adulte.
Ont suivi quelques questions de l’organisatrice sur ce texte et sur l’œuvre générale de l’auteur. On apprend que cet homme-là est ardent défenseur de la modernité en ce qu’elle nous offre la liberté de profiter de toutes le opportunités qui s’offrent à nous de vivre des expériences, bien au-delà de ce que l’on attend parfois de la vie: nous enfermer dans un carcan pré-établi. Son idée de la femme et du féminisme sont aussi tout à fait atypiques de la part d’un homme: prêt à supporter la vulgarité ou le manque d’élégance ce qui lui importe est le petit plus, l’humour, l’autodérision ou l’intelligence, l’étincelle qui fait de chacune de nous celle que nous sommes.

 




Une fois de plus les mots de François BEGAUDEAU ont résonné en moi. Et la rencontre avec Cécile BACKES aura aussi été un joli moment, femme de théâtre, elle nous explique que pour elle, le théâtre français doit « sortir de ses gonds » s’ouvrir à des modes d’expression différents, féminins et détachés des modèles patriarcaux.

Comme souvent, un beau moment partagé avec
Ana-Joe.

 

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Mardi 16 juin 2009

Daniel PENNAC a été un cancre. Cette phrase, vous avez du la lire des centaines de fois, à propos de lui ou d’autres. Souvent à propos d’individus que l’on dit brillants ou atypiques. A l’inverse des Etats-Unis où il est vanté d’être brillant et de renoncer à la réussite social (Into the wild, Will Hunting…), en France, il est de bon ton d’être mauvais à l’école et de se révéler artiste ou lettré secret. On reconnait là les gothiques de fond de classe qui lisent du Mallarmé ou du Lautréamont. On se rappelle le gamin nul en tout sauf en dissertation de philosophie. Le cancre est aussi souvent le plus socialement adapté. Le cancre est cool, rigolo, doué avec les filles. D’ailleurs, c’est plutôt un gars. Car les filles sont sérieuses, même d’intelligence moyenne, elles s’en sortent à peu près…



A travers son histoire, ses anecdotes d’élèves puis de professeur, D PENNAC nous raconte l’histoire de tous les cancres. Il y en a eu des romans racontant l’histoire de cancres. Et de bons élèves copains de cancres. Plutôt la version rigolote, ou amoureux des lettres. Mais rarement, on aura vu révélée la grande souffrance du cancre. Le cancre est celui qui ne comprend pas. Il ne comprend pas ce qu’il doit apprendre, il ne comprend pas ce que l’on attend de lui, ni même ce à quoi cela va le mener. Cela semble anodin, même adulte, comprend-on toujours ce que l’on fait, et ce que l’on doit faire ? Certes, mais enfant, n’aviez-vous pas cette petite voix, les parents, souvent, la conscience ou la curiosité qui vous disait : « c’est là quelque chose de bon pour toi »? Les cancres ne l’ont pas. Et même dire, plus on s’acharne à leur démontrer qu’ils doivent comprendre et apprendre plus ils s’entêtent, l’immensité du monde à l’infini de leur incompréhension. Alors il se venge le cancre, poussé dans ses retranchements, il s’exprime comme il le peut et impose au monde la violence qu’il ressent à ne pas l’appréhender. Il n’est pas armé pour la diplomatie et les mots, il ne comprend que le rapport de forces. Il ne comprend que ce regard porté vers lui lorsqu’il a commis une faute : enfin un regard qui le rend actif, capable d’agir. Il finit par faire mal « pour se faire remarquer ».

Malheureusement, les clés vers le changement ne sont pas faciles à mettre en œuvre. Comme souvent, une pente savonneuse est difficile à remonter. C’est bien de cela qu’il s’agit, une pente douce au départ : quelques exercices mal compris, quelques leçons ratées, et c’est le gouffre qui engloutit la tête blonde. Les parents, pourtant dotés des meilleures intentions, ne sont pas toujours les meilleurs guides, obnubilés qu’ils sont de la réussite de leur chair, parfois avant la leur ! Rendez-vous compte : « des enfants qui ne deviendraient pas » professeurs, dentistes, secrétaires… Des enfants pour l’avenir desquels la seule assurance est la galère, pire encore comme perspective pour les parents qui l’ont connu : « Vous comprenez, on veut qu’il ait des études, une belle vie, pas comme nous… »

Alors l’enfant s’effraie. Il ne doit pas devenir comme ses parents, ne peut devenir comme son professeur. Mais alors, qui sera-t-il ? Et après l’angoisse, vient la lassitude, et l’ennui, le pire des bourbiers. Un enfant ennuyé est un enfant perdu, il faudra le regagner, accéder à sa conscience ouvrir la fenêtre de son cerveau et de son cœur pour y ancrer la moindre connaissance, le plus infime souvenir. Ils sont là, bloqués à aujourd’hui, cette heure précise, dans l’attente que cela passe, qu’un autre moment arrive, sans détermination de ce qu’il sera. Et c’est là que l’adulte intervient. Bien sûr, D PENNAC insiste sur le rôle du professeur : à lui de faire revenir la petite personne sur terre, dans le cours. Pour cela, il emploie ce qu’il appelle « le présent d’incarnation ». Tout faire dans l’ici et le maintenant, connecter l’élève et ce qu’il est aujourd’hui et non ce qu’il ne sera pas demain. Tout sauf cette dictature du futur. D PENNAC parle aussi de la pensée magique : ces formules toutes faites qui nous enferment dans une réalité. C’est contre cela avant tout que le présent permet de lutter : pas besoin de marques pour exister, pas besoin d’être beau, le jugement des autres ne compte pas... A ce moment précis, seule ma présence ici, ma participation à ce micro monument importe !

En quelques pages, la toute fin de récit-document nous dévoile une partie de la solution, une solution déjà évoquée, sous d’autres formes lors de nos débats, sur l’École ou le monde en général, sur ces problèmes qui parasitent notre société. Cela peut sembler mièvre, mais juste en essayent on s’aperçoit que si c’est mièvre, ce n’est pas grave, parce que c’est bon. Alors oui, D PENNAC nous dit que pour lui la solution est d’aimer ses élèves. Attention, pas de contre-sens, pas de contre vérités, les aimer et être généreux avec eux. Être capable de donner sans retour en étant bien conscient que oui, quand on aime on donne et parfois on ne reçoit rien. Plutôt que de faire de l’enfant une projection de soi ou pire un support publicitaire et mercantile, il nous amène à lui ouvrir les mains et le cœur...

« Le droits de l’enfant, c’est d’être un homme ; ce qui fait l’homme, c’est la lumière ; ce qui fait la lumière c’est l’instruction » Victor HUGO, Les choses vues.

Daniel PENNAC, Chagrin d’école.
Folio

Les notes sur la blogosphère de lecture
La note de Cowboy

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Samedi 13 juin 2009
Je bulle, je travaille -entre deux bulles-, je fais du soutien psychologique à base de chocolat et de beurre (voir la démo ici), je lis plusieurs livres en même temps (dont Voyage jusqu'au bout de la nuit, enfin, celui-là j'essaie...), je réfléchis (encore, et toujours) à ma reconversion professionnelle!

Du coup, je suis là mais ... je suis pas là!

Et pourtant, je dois vous parler de:
- Chagrin d'école
- L'église des pas perdus
- Francooooooiiiiiissss!!! - hum, je vous expliquerais -
- plein de sujets qui me passent par la tête et qui en ressortent avant que j'ai dix minutes de librepour rédiger une note!

NB: j'ai un peu craqué à la FEUNAC aujourd'hui et acheté mon poids en "trucs trop cools" dont la VO de L'Hisbiscus pourpre, autant vous dire que je vais lire encore plus de lives en même temps!!!!
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Mercredi 10 juin 2009

La ville de Paris a été le théâtre du 4 au 7 juin d’une manifestation inédite dédiée aux Lettres sous toutes leurs formes. Ainsi, dans de nombreux quartiers, dans des lieux variés (librairies, bibliothèques, salles de spectacles, chapiteaux), de petits événements visaient à diffuser l’amour de l’art : lectures pars de sauteurs connus, rencontres, interviews, débats, écriture en public, ateliers d’écriture… (le programme complet, les articles de Papillon).




J’ai eu la chance d’assister à un débat qui me tenait à cœur. En effet, l’auteure de
Nous, on n’aime pas lire, sur lequel j’ai fait une longue note, participait à une discussion intitulée « N’oublions pas de lire ! ». Cécile LADJALI, Danièle SALLENAVE et Bernard STIEGLER se sont retrouvés sous le chapiteau du Magic Mirror pour discuter de la lecture, de la transmission du langage et de l’amour de l’écrit. Chacun avec ses idées propres exprimées dans leurs ouvrages respectifs (Cécile LADJALI, Mauvaise langue, Seuil, 2007 ; Danièle SALLENAVE, Nous, on n'aime pas lire, Gallimard, 2009 ; Bernard STIEGLER, Prendre soin de la jeunesse et des générations, Flammarion, 2008) mais avec le souhait commun de bien rappeler que lire n’est pas une option, ni une obligation mais juste un je ne sais quoi qui rend la vie infiniment plus agréable…


B STIEGLER, du fait de sa spécialité – philosophie plutôt que littérature – a tenu un discours plus abstrait que les autres auteurs. En effet, son discours s’est articulé autour de notions fondamentales de la langue et de la communication telles que le Pharmakon, usage du langage propre à diminuer notre capacité au raisonnement ou encore l’Amnésis, qui est plutôt l’utilisation du langage comme outil de la pensée. Il a également longuement développé l’idée de lecture comme technique de soi, discipline désappris aujourd’hui à cause du consumérisme : le règne de la vulgarité qui s’oppose de manière constante à la possibilité de s’élever. La captation de l’attention devient un véritable défi et particulièrement vis-à-vis des enfants noyés dans l’offre de divertissement. (un petit glossaire à toutes fins utiles)

Ce point a été le noyau du débat : la destruction des liens intergénérationnels tels qu’ils existaient auparavant. Ainsi D SALLENAVE perçoit la lecture et la transmission comme deux concepts intimement liés. Offrir ou prêter un livre est un acte interpersonnel : « je te recommande ce livre à toi parce qu’il te plaira, et peut-être pas à ton voisin». La force de la communication est liée à l’aptitude à argumenter et à raisonner. Pour cette raison, l’étude formaliste d’un texte, même si elle peut sembler rébarbative, est nécessaire car ce n’est que comme cela que l’on parvient à décrypter la pensée de l’auteur et à être soi-même apte à construire des raisonnements. Également pour cette raison, la sélection des lectures et importante, car « ya des livres que c’est pas la peine ! », la littérature compte, elle est précieuse mais rare par rapport au volume de livres édités. Il faut savoir la déceler et cela ne vient qu’avec la lecture elle-même. Cette connaissance est l’un des éléments essentiels pour lutter contre la domination de la technique et l’obsolescence accélérée : les mots ne se périment pas, les œuvres littéraires ne meurent pas. Ils ne deviennent pas « has been » comme un téléphone portable et il importe de les défendre de les porter en nous et vers les autres !

C LADAJALI est professeur de lettres en collège difficile, porter la littérature vers les autres revêt pour elle une réalité sûrement bien plus crus que pour la majorité d’entre nous. Et c’est avec intérêt que l’on découvre ses clés de réussite. La passion tout d’abord. Elle est romancière, les mots sont toute sa vie et par la conviction qu’elle met dans ses cours, lectures et discours, elle parvient à distraire ses adolescents de l’ennui qui les écrase, à les intéresser enfin ! Autre recours : l’autorité, via le relativisme culturel. Le professeur insiste sur ces notions : l’éducation se doit d’être réactionnaire d’imposer à l’enfant puis à l’adolescent son passé, sa culture et ses connaissances qui seront les outils pour construire son propre esprit. Et ce sans crainte de la réaction des élèves : ils sont demandeurs de repères et parfois l’intuition leur permet de comprendre ce qui et bon et juste. Sa dernière astuce est l’incarnation, la lecture à haute voix. Donner corps à son propos et subjuguer ses élèves par la beauté des grands textes.


Ainsi, ces trois auteurs défendent ardemment la littérature par leurs raisonnements et leurs pratiques. Le débat a été conclu par un échange avec le public et notamment une intervention très intéressante et fine d’un monsieur d’un âge certain : la lecture est une respiration. Réception du propos d’autrui et expression de sa propre pensée. Résonnance de l’endo-texte et de l’exo-texte. Comme le cite C LADJALI, la lecture n’est possible que par la correspondance entre préfiguration et figuration (thèse de P RICOEUR, dans son essai Temps et Récit) : chaque roman trouve en nous quelque chose qui est déjà présent et s’y projette…Pour conclure, je vous confie une citation de D SALLENAVE, synonyme de tout ce que je ressens pour la littérature :
l’ouverture de tous « ces chemins que nous cassons si nous considérons que nous pouvons vivre sans lire…. »

Une très belle initiative de la ville de Paris donc, à regretter cependant :
- le choix de la date : élections + fête des mères + Parsi en toutes lettres, ca fait beaucoup
- le manque de publicité : malgré les affiches, je ne me suis pas sentie assaillie de partout comme cela peut être le cas avec Paris Plage !

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Lundi 8 juin 2009

Joli mois de mai, joli, joli ! Voilà un mois qui se termine, et qui aurait du être ensoleillé et gai. Il a été gai, mais pas grâce au soleil ! Riche en découvertes cinématographiques via les récapitulatifs du festival de Cannes, il aura également été dense en découvertes et rencontres. Du fin fond du désert au terrasse de Montparnasse, jusqu’au fin fond de la galaxie klingon.

 

Car oui, j’ai été voir Star Trek de J.J. ABRAMS. Lasse de ne rien comprendre aux remarques et références diverses sur l’univers de Star trek, je me suis pris par la main. Certes, une énergie ogresque a accompagné et guidé le mouvement vers le cinéma, mais c’est assez motivée que je suis entrée dans cette salle.

 

Soyons claire, Star Trek n’est pas du domaine du conte philosophique. Mais tout de même ! L’univers construit est cohérent et riche, et le film ici considéré n’en dévoile qu’une partie. J’ai donc enfin compris ce qu’était qu’être Vulcain. Ce que signifiait ce signe-là... mais si avec les doigts formant un V...

En revanche, je suis assez déçue par le héros du film ! Bon, il n’est pas vilain, mais quand même il aurait gagné à faire un petit peeling avant le tournage !



Et le mois de mai est celui aussi des beaux mariages dans les prés, sur le bord de mer, ou dans les belles demeures familiales. C’est ce à quoi s’attendait la mère du jeune héros de Mariage de rêve de Stephan ELLIOTT. Première remarque : l’affiche et le générique de début ne rendent absolument pas justice à ce film ! Ils sont kitsch, niais et mièvres. Et pourtant…

 

Le scénario a été écrit à partir de la pièce Easy Virtue de Noël COWARD écrite en 1926. Un premier film avait été réalisé en 1928 par Alfred HITCHCOCK. Preuve s’il en est que l’on pouvait en tirer quelque chose de tout à fait trépidant. L’intrigue n’est pas bien originale. Un jeune héritier anglais en voyage en France s’éprend d’une jeune américaine, divorcée, conductrice de bolides mais sublime. Il la conduit alors dans sa famille en Angleterre sur le domaine hérité de générations en générations. C’est là que Larita fait la connaissance de sa belle-famille.

 

Et la rencontre est explosive. La famille de son mari est aussi conservatrice et traditionnaliste que Larita est pétillante et féministe. Les bruits de leurs premiers ébats font trembler toute la maisonnée murmurant au blasphème et son allergie aux fleurs fait beaucoup rire les femmes des environs. Pourtant, celle-ci se fait peu à peu des alliés…

 

Ce film est drôle. Vraiment drôle. Les dialogues sont fins et coquasses. Certaines scènes qui auraient paru grotesques par ailleurs sont ici délicieuses (la scène du chien… Vladimir, si tu me lis ;-)). Les acteurs sont excellents et notamment C SCOTT THOMAS et C FIRTH, extra dans un rôle atypique par rapport à l’image que l’on a d’eux… Une mère hystérique, couveuse et manipulatrice face à un père un peu décalé, absent par l’esprit et dépressif. Les filles elles aussi ont des personnalités savoureuses tout autant que tourmentées ! Et bien sûr on n’échappe pas au majordome qui déteste la maîtresse de maison et lui fait des coups en douce ! Enfin, Jessica BIEL est très belle et porte de charmantes tenues !

 

Voici donc une moisson de mai –même si ce n’est pas la saison, somme toute gouteuse et surtout variée, n’est-ce pas ?

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Vendredi 5 juin 2009

Au cœur des années 50, la principale protagoniste du roman phare de D KENNEDY, La poursuite du bonheur semble avoir adopté une vie digne de Sex and the City. Cela semble sûrement banal vu d’aujourd’hui, et de France, mais vivre seule dans une grande ville, tout en ayant un métier permettant de subvenir à ses besoins était loin d’être courant avant 1968. Et d’autant moins juste après guerre, et ce même aux Etats-Unis, pourtant réputé terre de libertés. L’on attendait d’une femme qu’elle fasse quelques études afin de pouvoir être une hôtesse de qualité avec de la conversation, et qu’elle quitte la maison familiale une fois mariée avec un homme respectable. A partir de là, il n’était bien sûr plus question de travailler et d’avoir ses propres opinions, et surtout pas en société. Un destin bien triste mais commun à la majorité des femmes de cette époque, qu’elles fassent partie des bien pensants WAPS (White Anglo-Saxon Protestant) ou qu’elles descendent de familles irlandaises catholiques.




Ce roman est donc une ode à la liberté, le récit d’une vie bien remplie et passionnée –comme je rêve d’en avoir une-, et une très belle histoire d’amours.

 

La liberté et la responsabilité sont les thèmes principaux de ce best-seller, traduit en 14 langues. En effet, les personnages sont soumis à des choix cornéliens, aussi bien personnels ou sociaux que professionnels. La période choisie par l’auteur, la fameuse Chasse aux Sorcières de Mac CARTHY , est particulièrement bien choisie pour illustrer le propos : tout choix a des conséquences, bonnes ou mauvaises, elles peuvent devenir dramatiques. Et D KENNEDY défend la thèse de la responsabilité et de l’engagement : on ne peut se dédouaner de ses actes et le passé nous poursuit où que l’on aille, autre région ou autre pays…

 

Son roman est aussi l’histoire de la vie de Sara. Cette jeune femme de caractère a tout pour réussir. Née dans une famille aimante dotée d’un frère brillant, elle réussit elle-même ses études littéraires et vient s’installer seule à New York. Sa vie sera ensuite ponctuée de changements de carrière nombreux et toujours chanceux –il faut le dire-. Elle ne sera en revanche jamais vraiment heureuse en amours…

 

Amours au pluriel, car l’on y parle d’amour filiale, d’amour passion, d’amour raison, d’amour parentale et d’amour pour une cause. Elles sont toutes traitées ici. Évoquées avec justesse et profondeur, les sentiments sont parfaitement dépeints et l’on y reconnait ce que l’on a tous vécu. On y découvre aussi ce que l’on aimerait vivre un jour. Lors de cette lecture-ci, c’est l’amour de Sara pour son frère qui m’a le plus touché. Mais la relation de Kate avec sa mère ou avec son fils sont également très belles.

 

Vous l’aurez compris, c’est ma deuxième lecture de ce roman, exercice auquel je me livre rarement. Je l’ai lu la première fois il y a 5 ans et demi en français. Et de voir une jeune femme le lire dans le métro m’a donné envie de le relire. Je me suis régalée dans cette lecture en V.O.. C’est sûrement un de mes livres préférés, et je suis très contente de l’avoir dans ma bibliothèque.

L'article du BoB

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Mercredi 3 juin 2009

« J’aime à penser que [ma mère] se redressait légèrement, que quelques forces venaient affluer dans ses doigts et que le seul enfant qui lui restait lui apportait un peu de fierté.

Quand ma mère est décédée, ses affaires tenaient en trois valises, dont une était entièrement dédiée à moi et à son petit-fils. Elle, qui sans mon père ne m’aurait jamais inscrit à l’école, y avait préservé mes premiers cahiers d’école ainsi que ceux de mon garçon, des copies de nos diplômes, nos vieux sacs d’école et je crois que, comme d’autres aiment montrer des photos de famille, de maisons, de voitures, ma mère aimait ouvrir cette valise-là devant ses invités. Je me souviens qu’elle feuilletait parfois mes cahiers avec une admiration non dissimulée, en tournant les pages comme s’il  s’était agi d’un testament précieux, et quand je réussissais mes examens, elle prenait mes mains dans les siennes et les larmes lui montaient aux yeux. Avec mon fils aussi elle a été attentive, rangeant son bureau, classant pas épaisseur et taille ses livres et ses cahiers, taillant à la perfection ses crayons et tous les soirs, mon pauvre garçon avait droit à un breuvage laiteux censé, comme ma mère le disait elle-même, « nourrir la tête » »

 

Le dernier frère, N APPANAH

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Dimanche 31 mai 2009

Avez-vous lu/vu Chocolat Amer ?

 

Connaissez-vous Gabriel Garcia MARQUEZ et ces Cent ans de solitude ?



Et bien, voici le mélange de ces deux ingrédients. Très empreint de réalisme magique et de saga familiale, le premier roman de Carole MARTINEZ se déroule entre Andalousie et Maghreb. Il n’est jamais dit précisément où se situe le village d’origine de l’Héroïne. Tout comme il n’est jamais dit précisément à quelle époque si situe l’intriqgue. Exactement comme dans le roman célèbre de G. G. MARQUEZ. Et les ressemblances ne s’arrêtent pas là. La structure assez rigide des chapitres, chacun pouvant quasiment constituer un conte à lui seul. La récurrence des personnages, les aller-retours entre passé futur et présent, la multiplication des personnages fantaisistes.

 

L’écriture est fluide, ponctué de dialogues savoureux et de silences étudiés. Les couleurs, les matières et les mots se mélangent pour créer une atmosphère spécifique et propre à l’art et la culture hispanique. On se rapproche davantage d’ailleurs d’univers sud-américains vers davantage de fantastique et d’interconnexions entre réel et imaginaire (El Labirinto de Pan ; El Orfanato). Et pourtant C MARTINEZ est française! Aupplaudissons son talent à se plonger dans cette culture et à se l'approprier! Une belle lecture et assurément un premier roman remarquable : une auteure à suivre.

 

Pourtant, quelque chose a manqué pour que le charme soit parfait. Peut-être cet ancrage dans une réalité qui me tient à cœur et me pousse à réfléchir sur le monde et la vie des hommes. Quoi qu’il en soit je n’ai pas été complètement emportée contrairement à la grande majorité de la blogoboule lectrice (Article de BOB) !

Lire l'article de Bibli'Obs sur le phénomène Carole Martinez.

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