Mardi 15 avril 2008

J’entends une voix qui me demande de me lever. Une voix que je n’entend pas le matin d’habitude. La voix de maman. Mon éveil à la conscience me le confirme. Je ne devrais pas entendre cette voix à ce moment-là. Je ne suis pas en vacances. D’ailleurs, je ne suis pas dans la chambre de vacances, et cette chambre n’a pas la bonne couleur. Elle est verte, d’une vert pomme vif. J’ai longtemps pensé que c’était par originalité que ma chambre avait été peinte ne verte, mais non, c’était uniquement parce que le pot était en solde ! Je me tortille un peu sur la lit : petit lit du bas dans un superposé. Décidemment, je ne sais pas bien ce qui se passe mais c’est très très bizarre. Il fait aussi une chaleur surprenante pour un mois d’avril. Je finis par me lever et sortir du lit. En tirant les draps et retapant l’oreiller, je me rends compte qu’il y a un livre sous celui-ci, je faisais souvent cela quand j’étais petite, glisser mon livre sous l’oreiller pour qu’il m’accompagne dans mes rêves !

 

Mon bel oranger : pas l’édition ancienne que je lisais hier soir, non, l’édition de poche que j’avais au collège avec l’enfant mi-humain, mi-arbuste, et cette touche aquarelle qui traduit si bien leur fragilité commune. Quand on parle du pourvoir des livres, pour moi, il ne s’agit pas de voyage dans l’espace et le temps, mais il semble bien que cette fois ce soit le cas. En me levant je me suis aperçue dans le miroir sans y faire attention, mais là, je recule de quelques pas : il est évident que quelque chose s’est passé : mon esprit s’était bloquée entre 8 et douze ans à cette fameuse taille d’1m32… et bien m’y voilà revenue ! 1m32, maigrichon et le dos de travers, un nuage de cheveux noirs au-dessus de la tête.

 

Maman arrive, elle me passe un gant humide sur le visage et me dit d’aller me laver les dents. Voilà bien longtemps que je n’avais pas senti sa main, même au travers d’un gant froid sur mon visage. Comme il est bon de retrouver ses miettes d’enfance, même si la perspective d’une ennuyeuse journée de classe me freine, j’ai très envie de revoir les copines, la cour de l’école et tout ce qui a fait ma vie de mon œil averti !

 

Évidemment tout paraît plus petit, surtout les gens. Une seule chose est restée immuable dans ma mémoire : la vue sur la mer depuis la cantine. Cette mer que je longe pour rentrer à la maison, l’après-midi avant de passer une petite heure devant la télé avec maman en mangeant mon goûter. L’arrivée de la nuit m’angoisse un peu : et si je repartais… et si….Mais le sommeil me gagne car la journée riche en émotions m’a épuisée.

 

Une voix me dit de me lever, un tout petit nez abricot me touche les paupières… Me revoilà, bien moi, avec la bonne taille et la bonne coupe de cheveux…. Prête à vous raconter maintes et maintes bêtises !

 

Pour lire le voyage dans le temps des autres rédacteurs de ce mois-ci : 1/ Laurent, 2/ Noelia, 3/ Bergere, 4/ Bertrand, 5/ JvH, 6/ Jean-Marc, 7/ Hibiscus, 8/ Anne, 9/ Julien, 10/ Joël, 11/ Chantal, 12/ Looange, 13/ Jo Ann v, 14/ William, 15/ Catie, 16/ Lelynx, 17/ Cecfrombelgium, 18/ Gally, 19/ La Nymphette, 20/ Julie70, 21/ Gazou, 22/ JulieMeunier, 23/ BlogBalso, 24/ Celine, 25/ Vladyk, 26/ Lydie, 27/ Optensia, 28/ Denis, 29/ Julie, 30/ Isabelle, 31/ Froggie, 32/ Christophe, 33/ Aurélie N, 34/ Le chat qui, 35/ Lodi,

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