L’Education Nationale.
Un grand titre. Pour une grande mission et de grands Hommes. Pour de grands Hommes en devenir aussi. Aujourd’hui et il semble depuis bien longtemps -1968 au plus près, on interroge l’école, l’apprentissage et l’enseignement. On se pose des questions sur la manière d’initier les enfants au savoir et de les mener à la fois à la connaissance au savoir-faire et à la citoyenneté.
Depuis un certain Jules Ferry, l’école est obligatoire pour tous. La durée de la scolarité s’est étendue. Les modes se sont modifiées. Le champ des connaissances s’est élargi dans certaines disciplines et rétréci dans d’autres. Et pourtant, fondamentalement, la société autour de l’école a davantage changé. La famille n’est plus la même. Le travail n’est plus le même. Le monde va plus vite, tout semble à la fois plus facile et plus complexe.
Dans cet environnement, difficile de faire admettre à de jeunes adolescents le rôle de mots écrits par d’autres, parfois il y a plusieurs siècles, dans leur vie et dans leur avenir. Dans son récit documentaire, D. SALLENAVE nous explique que l’école est le lieu et le cadre dans lequel l’enfant puis l’adolescent doit « se cultiver, se vivifier, s’édifier, s’attendrir et s’apaiser ». Voilà sûrement une vision très particulière de l’école, résultat d’années d’amour pour l’école, les enfants, l’éducation et les professeurs. Mais après tout, pourquoi pas ? Pourquoi ne pas refaire de l’école un lieu à part où les enfants trouvent toutes les conditions réunies pour apprendre, se construire et s’intégrer dans ce monde nouveau ?
Ce récit « Nous, on n’aime pas lire ! » est celui d’une génération. Car malgré certains sondages encourageants, les adolescents d’aujourd’hui semblent avoir perdu le goût de la lecture. Evidemment, il y a dix ans, la plupart ne criaient pas non plus par-dessus les toits leur amour pour les lettres. Mais aujourd’hui, les livres, l’histoire les langues semblent être le véhicule par lequel les jeunes refusent l’héritage de leur culture. Je dis leur culture, ce pourrait être « notre culture ». La culture française, bien sûr il s’agit de la somme des cultures de tous ces mots, ces images et ces idées qui font de la société française ce qu’elle est aujourd’hui, malgré ses défauts et ses choix. Elle reste profondément ancrée dans son passé. Un passé d’humanité, de lettres, de culpabilités et de gloires…

Il y a tellement à dire sur ce récit. Tout d’abord, l’argumentation s’appuie sur la conviction de la force des
mots : l’importance de la lecture dans la compréhension du monde et de soi. Et aussi dans le triste constat que de plus en plus l’écrit laisse la place à l’oral, le temps de la
lecture à celui du visionnage d’images de télévision : la « disparition d’une sphère fondée sur l’écrit » décrite par AL GORE, La raison
assiégée est en marche, prémisse de la chute de notre civilisation. Un peu alarmiste, voire apocalyptique ? C’est comme cela en prenant au sérieux ce type de menaces que l’on
fait avancer les choses et non en attendant que la catastrophe soit là, à en mesurer les effets…
A SUIVRE...
"Il y a des idées qui sont comme un attentat."
Milan KUNDERA in L’insoutenable légèreté de l’être