Au cœur des années 50, la principale protagoniste du roman phare de D KENNEDY, La poursuite du bonheur semble avoir adopté une vie digne de Sex and the City. Cela semble sûrement banal vu d’aujourd’hui, et de France, mais vivre seule dans une grande ville, tout en ayant un métier permettant de subvenir à ses besoins était loin d’être courant avant 1968. Et d’autant moins juste après guerre, et ce même aux Etats-Unis, pourtant réputé terre de libertés. L’on attendait d’une femme qu’elle fasse quelques études afin de pouvoir être une hôtesse de qualité avec de la conversation, et qu’elle quitte la maison familiale une fois mariée avec un homme respectable. A partir de là, il n’était bien sûr plus question de travailler et d’avoir ses propres opinions, et surtout pas en société. Un destin bien triste mais commun à la majorité des femmes de cette époque, qu’elles fassent partie des bien pensants WAPS (White Anglo-Saxon Protestant) ou qu’elles descendent de familles irlandaises catholiques.

Ce roman est donc une ode à la liberté, le récit d’une vie bien remplie et passionnée –comme je rêve d’en avoir une-, et une très belle histoire d’amours.
La liberté et la responsabilité sont les thèmes principaux de ce best-seller, traduit en 14 langues. En effet, les personnages sont soumis à des choix cornéliens, aussi bien personnels ou sociaux que professionnels. La période choisie par l’auteur, la fameuse Chasse aux Sorcières de Mac CARTHY , est particulièrement bien choisie pour illustrer le propos : tout choix a des conséquences, bonnes ou mauvaises, elles peuvent devenir dramatiques. Et D KENNEDY défend la thèse de la responsabilité et de l’engagement : on ne peut se dédouaner de ses actes et le passé nous poursuit où que l’on aille, autre région ou autre pays…
Son roman est aussi l’histoire de la vie de Sara. Cette jeune femme de caractère a tout pour réussir. Née dans une famille aimante dotée d’un frère brillant, elle réussit elle-même ses études littéraires et vient s’installer seule à New York. Sa vie sera ensuite ponctuée de changements de carrière nombreux et toujours chanceux –il faut le dire-. Elle ne sera en revanche jamais vraiment heureuse en amours…
Amours au pluriel, car l’on y parle d’amour filiale, d’amour passion, d’amour raison, d’amour parentale et d’amour pour une cause. Elles sont toutes traitées ici. Évoquées avec justesse et profondeur, les sentiments sont parfaitement dépeints et l’on y reconnait ce que l’on a tous vécu. On y découvre aussi ce que l’on aimerait vivre un jour. Lors de cette lecture-ci, c’est l’amour de Sara pour son frère qui m’a le plus touché. Mais la relation de Kate avec sa mère ou avec son fils sont également très belles.
Vous l’aurez compris, c’est ma deuxième lecture de ce roman, exercice auquel je me livre rarement. Je l’ai lu la
première fois il y a 5 ans et demi en français. Et de voir une jeune femme le lire dans le métro m’a donné envie de le relire. Je me suis régalée dans cette lecture en V.O.. C’est sûrement
un de mes livres préférés, et je suis très contente de l’avoir dans ma bibliothèque.
L'article du BoB
"Il y a des idées qui sont comme un attentat."
Milan KUNDERA in L’insoutenable légèreté de l’être