Jeudi 18 juin 2009

Savez-vous quelle impression produit votre voix? Vous êtes-vous déjà demandé si vous apaisiez, excitiez ou énerviez? Si vous pouviez devenir acteur, lecteur, ou si définitivement, vous êtes « condamnés à l’écrit »? Il se dit parfois que les auteurs ont une histoire à raconter, c’est un abus de langage et une facilité: il ne suffit pas d’avoir quelque chose à raconter pour être écrivain, et quoi qu’il arrive, il ne raconte pas, il écrit. C’est ainsi que certains textes sont propres à l’oralité quand d’autres s’apprécient dans le silence et le calme. François BEGAUDEAU a prouvé par son récit Entre les murs et son adaptation cinématographique que son écriture se prêtait tout à fait à la haute voix.

 

Assez visible sur la scène médiatique depuis l’an dernier, BEGAUDEAU est aussi le critique littéraire de La Matinale de Canal +, émission sans laquelle je suis incapable de démarrer ma journée! Et, chaque ouvrage qu’il présente souvent des documents ou des récits, rarement des romans est honoré, non dans son plan marketing ou le talent de son auteur sur les plateaux TV, mais juste parce qu’il lui a plu. Dans sa chronique, nous avons déjà puisé: En cas d’amour et Nous, on n’aime pas lire. Alors ,lorsque j’ai entre-aperçu son nom sur le blog de Léthée, à propos d’une rencontre en public, mon sang n’a fait qu’un tour!

 

Carole ZALBERG organise des rencontres mensuelles à la Terrasse de Gutemberg, librairie à l’ancienne du 12° arrondissement. Jeudi dernier, elle recevait donc F BEGAUDEAU, ainsi que Cécile BACKES autour du dernier roman de celui-ci: Vers la douceur. Les deux invités ont échangés leurs lectures, alternant entre des chapitres tristes ou gais. On aura un aperçu représentatif de l’œuvre: liberté complète de style, pas de narration linéaire, plusieurs modes narratifs et un thème qui, s’il est connu ne sera jamais épuisé: le passage à l’âge adulte.
Ont suivi quelques questions de l’organisatrice sur ce texte et sur l’œuvre générale de l’auteur. On apprend que cet homme-là est ardent défenseur de la modernité en ce qu’elle nous offre la liberté de profiter de toutes le opportunités qui s’offrent à nous de vivre des expériences, bien au-delà de ce que l’on attend parfois de la vie: nous enfermer dans un carcan pré-établi. Son idée de la femme et du féminisme sont aussi tout à fait atypiques de la part d’un homme: prêt à supporter la vulgarité ou le manque d’élégance ce qui lui importe est le petit plus, l’humour, l’autodérision ou l’intelligence, l’étincelle qui fait de chacune de nous celle que nous sommes.

 




Une fois de plus les mots de François BEGAUDEAU ont résonné en moi. Et la rencontre avec Cécile BACKES aura aussi été un joli moment, femme de théâtre, elle nous explique que pour elle, le théâtre français doit « sortir de ses gonds » s’ouvrir à des modes d’expression différents, féminins et détachés des modèles patriarcaux.

Comme souvent, un beau moment partagé avec
Ana-Joe.

 

Par La Nymphette - Publié dans : + de flaneries - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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