Ce thème m'est cher.
Il est riche. Politique, humanitaire, affaires. Nombreux sont les hommes qui se sont lancés à corps perdu dans une passion, une cause parfois sans espoir. Souvent, ils se sont retrouvés face à
l'incompréhension du reste du monde: comment peut-on renier les siens, se perdre dans une cause? Comment peut-on s'oublier?
Deux films vus récemment illustrent cette thématique. Il s'agit bien sûr de grosses mécaniques hollywoodiennes avec les concessions que cela impose: les acteurs sont beaux et connus. Le scénario
est probablement un peu lissé pour répondre aux critères du "1h30-45" de plaisir-réflexion-action.
Freedom's writer de Richard LAGRAVENESE, un film choisi par Ana-Joe pour illustrer le 3° thème de nos écrits conjoints.
Une jeune professeur issue de quartiers très chics (Newport Beach, pour que vous visualisiez) se voit confié une classe à orientation "affirmative action". Elle réunit en son sein latinos,
afro-américains et sino-américains (et un blondinet...!?!). Elle compte y exercer tout l'art d'être professeur, d'élever ses élèves vers la connaissance. Mais c'est compter sans l'administratrice
coincée du lycée.
Voilà pour le pitch. Assez basique. Mais qui fonctionne. Les clés de ce succès: l'utilisation d'œuvres connues de tous: Roméo et Juliet,
Le journal d'Ann Frank employés pour éveiller des jeunes en grande difficulté: leur faire découvrir la langue et le monde auquel celle-ci permet
d'accéder. On ne se répétera jamais assez: la grammaire est la clé du monde! A cela s'ajoute un bon rythme, des tranches de vies et une bonne dose d'humour.
The constant gardener de F MEIRELLES. Grand inconnu de moi-même et pourtant reconnu par beaucoup.
Premier point important: ce titre."Constant Gardener", kesako, pourquoi n'est-il pas traduit? Il a quelque chose de mystérieux et d'inattendu. Très clairement, j'ai choisi ce film pour Ralph
FIENNES, sans savoir du tout de quoi il retournait. Une vague idée d'Afrique. Je m'attendais à une resaucée de La ferme africaine, c'est dire!!!
Evidemment, il n'en est rien. Arrêtez- moi si je me trompe mais j'ai trouvé dans ce titre des échos anti-voltairiens, un je-ne-sais quoi d'anti-candide: peut-être que pour voir
le monde tel qu'il est se sortir de ses préjugés et préconceptions, il faut simplement lever la tête de son jardin! Même si cela n'arrive qu'après un drame!
Le drame est la mort d'une jeune femme dans le désert conduisant à Nairobi. Son assassinat. Extrêmement violent. Evidemment, sont immédiatement remontées de ma mémoires les
scènes d' et
Le dernier roi d'Ecosse. Violemment tiré de mon rêve romantique donc! A partir de ce décès, l'époux, diplomate britannique en Afrique, souhaitant
rendre hommage à la mémoire de sa femme, va reprendre ses documents personnels et y découvrir une mystérieuse lettre d'amour provenant d'un autre diplomate.
Bien sûr l'intrigue ne se limite pas à une histoire d'adultère. On y parle de l'Afrique telle qu'elle est aujourd'hui terrain de nos jeux d'occidentaux façon "Civilisation"
(version évoluée). On y parle de nous, humains, de ce que nous sommes et que nous ne voulons pas être.
Ce film est profondément bouleversant parce que réaliste. Tout comme le roman de Russel BANKS, il vous hante, pénètre les tréfonds de votre être et vous interroge sur la personne que vous
êtes.American Darling
Alors... "Engagez-vous qu'ils disaient!!!"
"Il y a des idées qui sont comme un attentat."
Milan KUNDERA in L’insoutenable légèreté de l’être