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Mardi 10 novembre 2009

M GUENASSIA est primo-romancier. Il a apparemment bien fait d’attendre, il vient en effet d’être gratifié du Goncourt des Lycéens 2009.

 

Difficile d’écrire sur la subtile sensation de plaisir ressentie à la lecture de ce roman. Comment expliquer qu’en ouvrant ce roman on prend place auprès de Pierre dans une chambre de l’appartement du cinquième arrondissement tout contre Néron, le chat, et qu’on l’écoute, minute après minute nous raconter son histoire, celle de sa famille et de ses amis ? Il n’y a parfois pas de mots pour expliciter ce qui a plu. Ce ne sont qu’impressions et émotions.




Aux côtés de Pierre, j’ai avancé au long de ces sept cent et quelques pages. En 1961, Pierre est un adolescent comme les autres, version romantique, il aime la lecture (comme le relève Amanda dans cet extrait 
) , la musique et apprend la vie : ce qu’est être un fils, un frère et un ami. Il intègre par hasard un club de joueurs d’échecs aux origines aussi diverses qu’inattendues : au fond d’un bistrot, des rescapés des dictatures d’Europe se regroupent pour jouer mais surtout pour discuter politique, éducation, femmes ou cuisine ! Chacun arrive à Paris avec sa valise, ayant fui son pays par amour, par fierté ou par crainte, il déballe souvenirs et anecdotes croustillantes sur le régime communiste. Pierre apprend aussi à connaître les femmes : Cécile puis Camille, deux jeunes femmes au caractère bien trempé préfigurant les courants féministes à venir. Enfin, Pierre découvre qu’une famille n’est jamais tout à fait ce que l’on avait imaginé et qu’un univers peut très facilement se briser .

 


Une autre grande force de ce roman est de dessiner avec une précision hors pair le Paris des années soixante. Du Jardin du Luxembourg au Quai des Grands Augustins, Pierre progresse dans sa ville comme dans sa vie : s’appropriant certains lieux mais aussi parfois surpris des trésors qu’elle recèle encore. J’ai aimé cette vision de Paris que jamais on ne connaît complètement dont les recoins, les jardins et les caves préservent e nombreux secrets. Plus jamais on ne regardera de la même manière
la Fontaine de Médicis, comme dans le château de Marcel, qui éternellement verra une jeune femme serrer contre son cœur un bouquet de roses rouges (*), ici, Camille restera pour toujours assise sur un vieux banc avec une édition rare d’une œuvre d’Aragon entre les mains…

 

 

 

De nombreux avis: 

Avis d’un lycéen du Lycée Paul Sérusier à Carhaix (29) 
Biblioblog
La culture se partage
Caroline, de 5° de couv'

Livres-échange   

(*) Le chateau de ma mère, de Marcel PAGNOL

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Vendredi 6 novembre 2009

Pistes de réflexion (2/2)                             

 

Quand on est passé par ce mode de formation, que l’on est un peu sensible aux problématiques de l’éducation et que l’on s’inquiète un peu de l’avenir de notre société, on ne peut que s’interroger à la lecture de ce petit essai… En est-on vraiment arrivé là ? et où va-t-on ?

 

Pour enrichir cette note, j’ai échangé avec Choupynette, diplômée de Sciences Po.

 

Il est impossible de renier la qualité de la formation que nous avons reçue et encore moins son prestige ; un diplôme de Grande Ecole ouvre bien des portes ! Et tout ce qui suit ne vise pas à cracher dans la soupe… Si Choupynette ne regrette pas le choix qu’elle a fait, je ne dirais pas que si je devais à nouveau choisir cette voie, je le ferais, mais je n’en suis tout de même pas complètement mécontente ! Selon Choupynette, le défaut principal de sa formation est d’être détachée du monde réel, peu professionnalisante,  elle a du compléter sa formation par un Master afin de pouvoir trouver du travail. C’est justement ce que les écoles de commerce vantent comme étant leur principale qualité et là je m’élève car, honnêtement de l’expérience professionnelle  que j’ai eu jusqu’à aujourd’hui, je retire ceci :

Ce n’est pas à cela que m’a préparé mon écoleLe diplôme n’était qu’un passe-droit. Le seul cours vraiment utile mais malheureusement insuffisant : la bureautique. - Essayez d’appliquer en entreprise les principes de conduite de réunion, de communication interne ou encore d’organisation des process, vous ne serez pas déçus du voyage, et je ne parle même pas des théories financières de douze pages qu’une formule EXCEL remplace avantageusement. - C’est sûrement un peu obscur, mais ce que j’essaie de formuler est que non, une école de commerce ne vous prépare pas à travailler en entreprise et ne vous aide pas non plus à choisir un métier dans lequel vous serez épanouis ! Ce n’est pas un école de commerce qui vous aidera à former votre esprit et à distinguer ce qui est important pour vous et pour le monde autour de vous ! J’étais, jusqu’à il y a encore quelque mois, sidérée du manque de culture générale de mes collaborateurs (principalement issus du même cursus que moi) sur le monde du travail… certains ne savaient même pas ce qu’étaient le Comité d’Hygiène et de Sécurité. Il en va de même pour la politique, la littérature ou tout autre sujet ! Facile de traiter l’autre de « gauchiste », d’ « intello » ou de « ringard » mais de là à expliquer ses opinions…

 

Pour ma part, c’est en Prépa que j’ai vraiment appris le savoir, le savoir-faire et le faire savoir et aussi bien sûr à titre personnel dans mes lectures, discussions, films…. Peut-être simplement parce que très vite j’ai eu le sentiment que je n’étais pas faite pour la gestion (Finance, Comptabilité, Marketing, Droit Commercial), dès les premiers mois en école, je me suis fermée comme une huître et suis entrée dans une sorte d’hibernation pour trois ans. Mais en Prépa, les cours d’Histoire-Géographie économique, de Culture Générale (Lettres et Philosophie) , de Langues, mais aussi de Mathématiques avancées ont trouvé une grande résonnance en moi… Choupynette quant à elle est très satisfaite de son enseignement : « Sciences Po m’a donné une lecture du monde, de l’économie, de l’histoire, etc, qui me permet de bien mieux comprendre l’actualité, de décrypter par exemple les discours des politiques et des entreprises. […]D’autre part, sur un plan beaucoup plus technique, Sciences Po m’a appris à être structurée, appliquée, à savoir utiliser des connaissances de différents domaines et de ne pas me contenter de rester cloisonnée dans un domaine quand je réfléchis à un sujet. » ou encore « avoir de la culture, c’est essentiel parce que pris au sens large, la culture te permet de penser, d’avoir une réflexion détachée, distanciée et surtout plus objective. » Et c’est exactement ce que je retiens de ma prépa. Si je devais faire la somme de mes connaissances aujourd’hui, 70% encore daterait de cette période, même si ce ne sont que des bribes, des souvenirs, ils sont présents et accompagnent ma « lecture du monde ». De l’école, en revanche en terme de connaissance théoriques, je n’ai que très peu de souvenirs d’un cours de microéconomie et de finance…

 

En revanche, si votre motivation est le prestige et l’argent alors oui, on vous offrira sur un plateau la possibilité d’abandonner vos valeurs sur la palier et de faire une « belle carrière » sans scrupules, guidée par la soif du pouvoir et de l’argent. Car l’école ne vous apprend pas les scrupules ni l’éthique, si vous ne les avez pas en vous, vous ne lez aurez jamais et il sera même très facile de les oublier. Et c’est là que se pose le problème majeur, comme le pense également Choupynette « je crois qu’il y a globalement un glissement dans la société depuis plusieurs années vers une consommation toujours plus exacerbée, une valorisation de l’individu via son compte en banque qui peut pousser à vouloir gagner toujours plus, peut importe la manière et les conséquences. ». Les jeunes diplômés ont de plus en plus de mal à discerner les conséquences d’une quête irraisonnée de carrière. Ils sont convaincus que ce qui fait la valeur d’un individu est le nombre de K€ de son salaire annuel. Quelques voix tentent de rappeler que non, ce n’est pas normal de tout sacrifier au travail, qu’il y a autre chose, qu’il est important de se préserver, mais ces voix sont souvent écrasées par la majorité silencieuse et soumise au diktat du jeune cadre dynamique dont les dents défilent la moquette des Open Space.

 

 Mais alors, comment faire ? Quelles voies diplomantes permettraient  d’allier les qualités des Grandes Ecoles et le développement d’un esprit critique ? Ce n’est pas bien sûr ici et maintenant qu’une solution sera trouvée, mais elle doit être pensée, car le monde de demain ne pourra supporter davantage  l’inconséquence de ses dirigeants. On ne peut accepter que les personnes qui décident pour des milliers d’autres soient vendues intégralement aux valeurs boursières. Pour cela, il est indispensable que ses individus avant d’être dirigeants soient des citoyens à part entière. Certes, on ne peut demander à un jeune qui choisit entre 18 et 20 ans sa voie professionnelle de faire une sorte de serment d’Hippocrate du cadre dirigeant, mais l’accompagner dans son passage à l’âge adulte, lui donner les moyens de la réflexion et de la responsabilité de ses actes : ce sont là les clés d’un management plus humain ! Cela ne consiste pas en la programmation de quelques cours-alibis de culture générale ou d’éthique du travail, mais dans une implication bien plus avant de l’équipe pédagogique dans la vie culturelle et politique autour de l’école ! Les professeurs ne doivent pas seulement être des experts de finance boursière mais aussi capable d’expliciter aux étudiants la place centrale dans l’économie des flux financiers, et les conséquences (y compris négatives) de cette prépondérance ! il faut arrêter les discours d’accueil du type de celui qu’a entendu Choupynette : «  Premier discours du directeur : « vous êtes la future élite de la nation », le moment est venu de responsabiliser. Faire partie d'une l’élite c’est avoir la chance d’être parmi les meilleurs mais également conduire les autres à progresser !

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Jeudi 5 novembre 2009

Mais à vrai dire, tout ce temps libéré souffrait de tant de frustrations, qu'aujourd'hui, les jours filent... et que la lecture ne s'infiltre que dans de petites fenêtres non occupées par mes divers projets!

En ce moment:

No Logo de N KLEIN


Extrait:
" Les chaînes de fast-food sont en concurrence avec les sponsors de menus et elles rivalisent avec les cafétérias dans 13% des écoles américaines. Au terme d'un accord inimaginable dans les années 80, des sociétés telles que McDonald's et Burger King s'installent maintenant tenant dans certaines cantines et le font savoir autour des écoles. Subway approvisionne 767 écoles en sandwiches; Pizza Hut possède un marché d'environ 4 000 écoles; et, chose inouïe, 20 000 écoles sont liées à la gamme «burritos surgelés» de Taco Bell."



Le club des incorrigibles optimistes, JM. GUENASSIA



Extrait:
"- Qui vous filait du pognon?
Pavel m'a regardé en coin comme si je faisais l'imbécile. Il a vu que j'étais sincère.
- Tous les deux. Kessel et Sartre. Ils nous pistonnaient pour des traductions, des petits boulots. Ils connaissaient plein de gens. Ils nous recommandaient à des revues, à des directeurs de journaux. On faisait des piges. Si on était raides, c'est eux qui payaient le proprio ou les huissiers. Comment on aurait pu s'en sortir? On n'avait pas une thune. On avait tout perdu. S'ils ne nous avaient pas aidés, on aurait fini sous les ponts. Ça a été plus dur quand il est devenu aveugle et qu'il n'est plus sorti de chez lui. Il y a deux ans, ils ont dépanné Vladimir, tu te souviens de lui?"



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Mardi 27 octobre 2009

Born in 1832, Lewis CAROLL lived during the Victorian era. Initially mathematician, he became a complete erudite, Photographer, he also wrote various essays: political analysis, mathematical documents and fictions. For being particularly passionated by children as figures for his photographs and for his specific knowledge of childish minds, he has sometimes been accused of vicious trends , for example when he wrote in a private mail, about the little girl that inspired the character of Alice: “ It is very sweet to me, to be loved by her as a children.” Despite this controversy and the extent of his writings, Alice’s adventures in Wonderland can be considered as his mater of Art as it is a combination of all he has imagined: a complete universe created from his mind and understanding of childhood.

 

The whole tale deals with the traditional themes of children’s literature:

- Nature is omnipresent: there are cute animals, beautiful flowers and gardens. But as in Sleepy Hollow, we never really know whether nature is danger or friend to Alice.

- Adulthood appears as the goal frightening our character: how to become an adult? Especially concerning appearance matters, as show those several changes in size of Alice (Note the moment when her body’s parts grow separately, that is often what teenagers feel about their bodies)

- The third main issue is Alice’s learning. With the numerous references made to it, we understand what knowledge represents for the author: Geography, Mathematics, Grammar, Litterature…

- Linked to knowledge, L CAROLL insists on the etiquette in his book. Politeness is often raised within the pages.

 

Then, why are Alice’s adventures so specific? While GRIMM and ANDERSEN used reality embellishment or concealment stratagem, here, nothing is hidden. All fears and feelings of Alice are explicit; his reader is considered conscious and cleaver.  And, to illustrate his ideas on those concepts, L CAROLL uses three main motives:

- Firstly, the use of dream can not be denied, it is the raison d'être of the tale. It allows the author of being freed from any hindrance due to coherence, time notion or even physical constraints, just as we do in or dreams.

- He also calls upon absurd – also called subversion. As in the so-called 20th century theatre (for instance in Ubu Roi by A JARRY), we see the main character, Alice, threw in a world of which rules she does not understand… It creates even more a sensation of bearings loss.

- Lastly, his use of language reveals to us Alice’s state of mind: she progressively looses her sense of grammar, syntax and vocabulary. As she says herself, most speeches seem to be “curious, nonsense, confusing”

 

 

Very first lines of the tale are representative of this submersion in a fancy world. Alice’s sister reading of a boring book makes Alice fall into a dreamy state of mind. She tries to think about great things when the Whit Rabbit appears to her. This rabbit have to be considered as a symbol of innocence: disconnected from duties and adulthood. He has the snow colour of purity and the downy-furry touch of tenderness: two chidlhood's symbols. And he leads Alice to its hole. And Alice falls. Her fall is the image of conscience loss: the experiences you make when you fall asleep, beginning to dream, there is no more time and no more form, but a kind of recollection of your day’s objects and anecdotes, just as Alice do with her tea pots, spoons or marmalade jars. When she finally gets to the floor, Alice discovers a set of doors, just as in life, we have several opportunities to go ahead… and her choice is not neutral: she feels irreparably attracted by the garden door, a garden paradigmatic of innocence just as was the Eden Garden, known as the place of Human Being before discovering the sin of knowledge. And to enter this garden – shouldn’t we say to “enter back”?- this place of fantasy and innocence, Alice is ready to affect her physical integrity by drinking in a bottle she knows nothing about. She does not care for her health and here begins complete fantasy…

 

What interested me in studying in parallel the first and the last chapters was the analysis of the fall into a fantastic world and the come-back to reality. As in the first chapter, Alice losses reality notion, the last chapter proves that escaping from the real world can only be a temporary situation. Actually, taking place during the trial; this chapter is the occasion for Alice to implement the lessons she learnt from life and from her latest adventures: she realizes that adulthood, reason and conscience are essential for any life in society. A land governed by fantasy, celebrations and cute animals can only lead to anarchy and injustice. On the other hand, with Alice’s sister reaction, we attend to an adult acknowledgment of the loss embodied by growing up. By listening to her sister dream, she remembers how it can be great to get lost for a moment within fairy creatures in completely self-pictured world.

 

 

I think this conclusion was one Life lessons of L CAROLL: the wealth you get from being sensitive to childhood minds mustn’t make you forget that adulthood means responsability and conscience especially concerning citizenship’s duties.

But what also striking in the tale is the criticism of good manners and etiquette reign in the Victorian Period, arguing their irrelevancy whenever you join another social context!

 

 

As food for thought, let’s have a look to the cinematic versions of the book…

 

Where do the physical features of Walt DISNEY’s Alice come from? Why does she seem a little naive compared to our L CAROLL’s little girl?  

 

See picture on http://www.ultimatedisney.com/alice.html

Concerning Tim BURTON movie to be broadcast in a few months, don’t you think that his Wonderland is a little too dark? 

 

 

 

 It makes me think more of Del Toro’s universe in Pan’s Labyrinth… What about you, what was your idea of Wonderland?



 

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Samedi 24 octobre 2009

Tout est parti d'un malentendu... je vais sûrement perdre un peu de crédibilité, mais j'ai acheté ce roman car j'étais persudée que l'auteur était le même que celui du Chemin des âmes...dont on ne lit que du bin sur les blogs! 
Le premier est William BOYD, auteur d'Un anglais sous les tropiques, membre depuis 10983 de la Société Royale de Littérature au Royaume-Uni.
Le second est Joseph BOYDEN, métissé indien, lauréat du Prix Amazonia 2006, pour son roman Le chemin des âmes.

Rien à voir donc. Mais je peux vous assurer que sans cette bévue, je n'aurais jamais même ouvert ce roman dit d'espionnage, et c'eut été fort dommage. Car d'espionnage, si il n'a pas que le nom, on ne peut pas non plus dire que le genre noie la narration sous une foule de détails scabreux et autres ocurses-poursuites haletantes! Bien au contraire!


Ruth est une jeune anglaise un pau paumée, on comprend très vite que sa thèse sans cesse ajournée n'est pour elle qu'un prétexte à stagner dans sa vie professionnelle et personnelle et à ne pas devenir adulte. Sa mère Sally s'est retranchée dans un cottage anglais qui s'endort sous les mousses verdâtres. Pourtant, Sally a eu une autre vie, bien avant la naissance de Ruth, une vie tout à fait excitante et glamour....


Voilà le type de romans que l'on appelle roman de gare ou de vacance. Et pour moi, ce n'est pas péjoratif, cela signifie:

- Que j'ai pris un vrai plaisir à lire les aventures des deux femmes. Jai notammant trouvé Ruth très attachante, peut-être parceque moi non plus, je ne veux pas vraiment devenir adulte. Et j'ai trouvé l'intelligence d'Eva et de l'univers dans lequel elle évolue tout à fait stimulante.
- Que la lecture en est relativement facile, les pages s'écoulent au rythme de la vie de Sally.


Mais ce ne fut pas une lecture boulversante...

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Jeudi 22 octobre 2009

Philippe GRIMBERT est l'auteur de Un secret. Il n'est pas nécessaire de lister à nouveau les nombreuses qualités de ce très court roman qui a raffraîchi le genre du roman sur la Shoah. Il a été primé par le "Prix des lectrices de Elle" et par le "Goncourt des Lycéens". Il a également été adapté au cinéma par Claude MILLER. Les raisons du succès sont obscures: le roman est d'une écriture simple et raconte une histoire de famille, pas de révélation sur les secrets de l'Eglise comme dans Da Vinci Code, pas d'histoire de sorciers ou de vampire... Mais voilà, il réussit là où beaucoup ont échoué: il touche notre corde sensible sans appel aux ressorts habituels de l'émotion ou du pathos!


La force de Philippe GRIMBERT qui l'aide à exprimer aussi aisément ces histoires qu'il a envie de nous raconter lui vient peut-être de sa formation et carrière initiales: le psychanalyse. Evidemment! Un métier qui touche l'humain au coeur et à la tête! On comprend alors pourquoi ses mots sont si justes, et pourquoi cette "petite robe de Paul" suspendue dans l'armoire nous a tellement angoissée! L'inconscient, il connaît et il sait y faire. De là à dire qu'il le manipule et nous joue des tours, il n'y a qu'un pas qu'il appartient à chacun d'explorer... Dans la tradition de ses romans sur l'enfance et les relations entre les êtres, le roman de la rentrée de Philippe GRIMBERT est: La mauvaise rencontre. Il y explore un champ encore inexploré dans ces précédentes oeuvres: l'amitié.



Et c'est bien cette amitié-là qui fut la source de la vocation de B PONTALIS: il rencontra successivement SARTRE, LACAN et PEREC, lors de ses études ou de sa carrière de psychanalyste. Ses rencontres ont révaillé chez lui la vocation de l'analyste, celle d'auteur et enfin celle d'autobiographe! Cet homme est celui que M PERRUCHE a choisi d'étudier pour écrire sa thèse. Elle a déjà publié plusieurs études sur le sujet et ainsi eu l'occasion d'analyser les étroites relations entre la psychanalyse et l'écriture, autour du rêve, autour de la conscience et du subconscient et dans le choix de ce qui peut être partagé avec des lecteurs et ce qui doit être préservé dans un jardin secret.



La rencontre entre P GRIMBERT, l'analyste devenu auteur et cette essayiste qui étudie un auteur féru de psychanalyse ne pouvait être que passionante. La médiathèque de Rueuil-Malmaison l'organisait samedi dernier dans son auditorium dans le cadre de son Café Littéraire: Littérature et psychanalyse. Un moment en suspension dans le monde moderne où tout va trop vite et toujours à dessein. Ici, on se pose, on s'interroge:

- Le rêve doit-il être écrit? Exprime t-il des désirs ou en créent-ils? Dans quelle mesure peut-on les contrôler? (lisons pour exemple les 124 rêves de G PEREC dans La boutique Obscure)

- Les névroses sont-elles sources de création? La psychanalyse ne risque t-elle pas de l'anihiler?

- Comment passer du mode d'écriture essayiste au mode fictif? Quelle place prend le "JE" dans l'écriture (L'âge d'homme de M LEIRIS) ? Est-il complètement absent dans les essais (à lire par exemple sur la biographie: La biographe d'E BLOCH DANO)

- Comment exorciser la peur de la mort? Quelle place donner aux cimetières dans le souvenir? Que sont les fantomes?



Au final, la rencontre n'aura pas apporté de réponse à l'interrogation de la littérature et de la psychanalyse: nulle évocation des livres-pansements ou des livres-questions... C'est plutôt l'écriture qui a été questionnée. Mais ce fut tout de même une belle rencontre et l'occasion de constater que P GRIMBERT est de ces auteurs qui ressemblent à leur livre: simple et ouvert!

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Mercredi 14 octobre 2009

D KEYES is a multidisciplinary profesional: he began his carrier as a merchantand turned to publishing in Science Fiction and teaching to disabled adults after achieving a diploma in Psychology. He wrote 8 books, out of which 3 non-fiction books and four novels. He ended up his pieces by writing a diary: Algernon, Charlie and I: A writer's journey. All those works deal with the issue of mental disorders and psychological dilemmas. Flowers for Algernon was his first book and his fame has never been disclaimed: considered as a Science Fiction classic novel. It has been broadcasted in thirty countries and sold up to 5 millions items and it is still printed 40 years after writing.

"Flowers for Algernon is the journal of Charlie Gordon, a mentally retarded adult who becomes a genius after undergoing a brain operation [...]: the yearning of an amiable adult who longs to be as smart as those around him, the pain of the transformed man who must live with the newfound memories of cruel childhood rejection, and finally the horror of his diminishing intellectual capacity." (Inspirated
From Audiofile)



The author tells us the Charlie's story by its own voice: he has been asked to write daily reports by scientists' team. We read his own words and experiences. Beginning by very mere sentences and spelling mistakes, the climax of Charlie's intelligence leads to very detailed reports in terms of ideas and structure. This specific narration scheme allows us to feel very quickly and easily Charlie's feelings and sufferings. As a result, we can't but feel commited in his adventure, fearing for its future. When he relates his anecdotes at the bakery , we feel sorry for him and understand what disabled adults can experiment each day. When he realizes that main experts are finally limited to their own matters, we can hear his disappointment and comprehend that even Nobel Prizes have failings... Empathy is one of the main recurse of D KEYES to make us stick to his writing.

The use of Charlie's report is giving the novel a real rythm. From the story of a little mice, we switch to Charlie's surgery and evolution... It can remind us the way we grew up: every morning was an occasion of discovering things.

Finally, Flowers for Algernon is an universal story. It explores all human feelings and sums up all life's steps: childhood and secret love for teachers, tenager's discovery of sexual healing, elderlie's wisdom. Moreover, it crosses different states of mind in which we live due to our intelligenceand natural skills: the impression of being un-fitted to Society can be a consequence of being gifted or disabled. It also portrays frustration, love, jealousy or pride. This novel reaches the goal of representing human nature.

Flowers for Algernon is a critical novel about human nature and psychology. Just as I am legend (adaptation au cinéma) observed consequences of loneliness or Dune influences of family or clan links, the Sience Fiction context, more than a denunciation of recklessness inScience experiments is an occasion of illustrating human weaknesses and lead us to deep thoughts.



Spark Notes study of the novel
Capharnaum Report (in french)

 

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Lundi 12 octobre 2009

Surdouée de N LALWANI


Rumi est un petite fille d'origine indienne. Lorsque son père apprend par son institutrice qu'elle est particulièrement douée pour les mathématiques, pluetôt que de l'orienter vers de organismes spécialisés, décide de l'accompagner dans la culture de son don. Lui-même professeur de mathématiques en université, il destine sa fille à la plus belle carrière et ce au prix de son enfance.




Ce roman est double. Il est celui des deuxièmes générations de migrants indiens en Grande Bretagne, de la confrontation entre traditions et modernités. Cette thématque est également celle explorée par le roman de M ALI. L'originalité de l'approche de N LALWANI est l'aternance entre les points de vue. Tantôt la voix du père de l'héroïne nous rappelle les frustrations des migrants qui doivent toujours démontrer davantage que les autres citoyens leurs valeurs et compétnces, tantôt la mère de Rumi nous expose ses contradictions, là où elle aurait aimé persister dans ses études, elle souhaite pour sa fille un mariage arrangé et jeune. Rumi, enfin, semble perdue et terriblement angoissée entre son souhait de satisfaire les ambitions de son père et son envie de vivre une enfance normale. L'autre thèse de l'auteure est l'évolution des enfants surdoués: peut-on faire se développer toutes leurs capacités sans gâcher la vie de l'enfant? Et sur ce thème, la réussite est moindre. En effet, on comprend parfois mal le désarroi de Rumi, les scènes sont répétitives et le style haché trouble parfois l'identification.

Je suis finalement assez déçue de cette lecture. Malgrè un thème très porteur à mon avis, le style et la dimension donnée au récit ne me convainquent pas, et le roman est beaucoup moins péchu que sa couverture!




A noter cependant l'attachement de Rumi à une Inde quasi-idolâtrée. Les séjours de la famille en Inde sont pour elles l'occasion de fixer dans sa mémoire les souvenirs racontés par sa mère. Lors du récit du premier voyage, les ingrédients sont réunis pour founir à la jeune fille les clés d'un pays révé: une famille soudée, un voyages dans un site sacré et mystérieux et la présence d'un cousin charmeur. Il est intéressant de voir comment son identité indienne, pourtant en confrontation permanente avec son vécu en Grande Bretagne, s'inscrit en elle par de petits détails. Le roman fleure bon le safran et la cardamone, les couleurs de l'Inde séculaire défilent devant nos yeux: Rose de Madras et Jaume de Damas... et ce même au coeur de Cardiffe! L'identité ne se construit pas forcemment par rapport à un groupe, elle peut être le fruit de petits moments autour desquels culture et identification s'établissent!

L'avis de Calepin
L'avis de Clarabel

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Mardi 29 septembre 2009


(1/2) Note de lecture


Ce court essai a été publié dans la vague de rentrée. Il a fait l’objet de quelques échanges sulfureux, sur la toile, dans la presse ou dans la vie. Il passe sûrement très loin au-dessus de la plus grande partie de la population, et pourtant… il interroge l’enseignement des méthodes de gestion et de direction des hommes dans l’entreprise. Méthodes dont on peut questionner la responsabilité dans la crise dont nous émergeons tout juste.



Le récit de cette journaliste, qui s’est essayée à trois types d’enseignement typiquement français (HEC, Sciences Po, Université de Droit des affaires) est court, malgré ses larges ambitions. Son cheminement est donc assez facile à décrire. Elle nous explique tout d’abord ce qui fait le succès des formations Grandes Ecoles de Commerce auprès des jeunes étudiants: la conviction de débouchés et le matraquage des esprits quant à l’élitisme des heureux bénéficiaires y sont pour beaucoup. Comme elle le dit si bien, « pourquoi aurait-il fallu réfléchir davantage? » Il semble pourtant que cette élite n’ait pas vu enfler la bulle financière ni s’élever le raz de marée de surconsommation fébrile symptomatiques de la période préalable à la crise. Comme le dit justement le Prix Nobel d’Economie M ALLAIS, et ce depuis 1998, « une gigantesque pyramide de dettes prenant appui les unes sur les autres » façon MADOFF qui ne demandait qu’à s’effondrer…


Les jeunes cèdent-ils aux sirènes de l’argent facile et de la réussite sociale sans foi ni loi comme les « golden boys » pourtant bien disparus aujourd’hui? Ce qui semble certain c’est que la règle du profit optimisé a rencontré certaines limites. Toutes les entreprises ne peuvent être en permanence à l’optimum de leurs résultats. Mais, davantage que la chute de certains financiers, c’est le sentiment de responsabilité des élites que l’on se doit d’observer. Apparemment, peu de remises en question. En se penchant un peu plus près, en tendant l’oreille, on perçoit quelques critiques de ceux-là même qui tiennent le système financier et économique entre leurs mains. On entend souvent les mots « arrogance », « performance » ou « réussite », plus rarement: « collaboration« , « morale« , « développement » ou dans de tournures négatives. Ils sont donc bien conscients de dysfonctionnement, de lacunes, de failles.


Mais comment appliquer dans l’entreprise les principes d’harmonie, de cohabitation et d’art de vivre qui sous-tendent au concept initial d’économie (oiko-nomia : prendre soin de la maison)? La réponse réside en partie dans les principes de formation de nos « élites » et certaines universités anglo-saxones l’ont déjà compris… C’est « en stoppant la formation humaine et morale des étudiants, en mettant aux commandes des managers nourris d’élitisme et de culture de la performance et en survalorisant la réussite économique » dans un schéma de reproduction des modèles de pensée créant l’uniformisation que l’on en est arrivé à la crise d’aujourd’hui… Cela a amené des situations absurdes au possibles où pour trouver un équilibre, « chacun se bricole du sens comme il le peut mais sans trop le dire » pour échapper à une structure où règne la médiocrité tant dans le contenu que dans le contenant. Cela va bien au-delà de la perte d’efficacité, du gaspillage ou du contre productif: le sens même de la place de chacun dans la civilisation est questionné. Enfin, conclut l’auteur: « Comment l’éducation la plus haute peut-elle à ce point empêcher de se sentir maître de son destin?»


Un grand merci à AnaJoe pour ce cadeau. Le sujet fera bientôt également l’objet d’un débat…

 

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Vendredi 25 septembre 2009


The Handmaid’s Tale was written in 1986. Just as a reminder, it was 3 years before the falling of Berlin’s Wall and the end of USSR. It was during the Iran-Irak war. It was the very beginning of EU history as Spain and Portugal just joined the organization. We were in a global political context completely different from today’s situation. From this era, I think it was very hard to imagine what the future would resemble to. B E ELLIS had even not still written his American Psycho. In France, Mitterand finished his first 7-years term. In UK, M. TATCHER was still Prime Minister, and I do not think US Yuppies were thinking that the WTC could be attacked by Terrorists. Now have a look at today’s world’s political context. 2009, after a very noisy crisis, sent on our beliefs, convinced that a few soldiers’ intervention in Afghanistan will save our democracy from a catastrophe which already happened, without any attention paid to some human rights violations, watching at the “Muslim community” as if they were our main enemy… It seems that we learnt nothing. On the lessons we could have remembered from the last twenty years, if not from the last twenty centuries, nothing is left.


And the M ATWOOD novel is a very good punishment for us. Just pick the book and read it. You will probably change your mind on a lot of little things. It is quite hard to read that, twenty years ago; this woman has been able to infer the hazards we could face in our modern societies. Some will probably answer that the situation is not that bad… if they still want to be blind…




The eponymous handmaid is called Offred. “Is called” is the adequate sentence because that is not her real name. If her allocation changes, then, her name will change. She has given up her own identity. Here most people will wonder to what extent their name and surname is part of their identity. I remember when I was 8 or 9, I wanted to change my name (for those who know it, it was too uncommon for me, I wanted a « Anna » or « Marie »), but guess what: my parents refused that I changed my name. I was very angry at them, so was I when they refused to me to have expensive shoes or swim-suits… And finally I understood my personality and my identity are unflaggingly linked to my name and all those little things my parents refused to me! Any person identity is very hard to build and to comprehend. What is sure is that if you are removed from your life at a moment you do not choose and some people change an part of your life, then you will have to stick to any little thing reminding you your past! It could be your name, a picture or a smell… This is one of the main theme of the book: those things that make you a person, that will remind you your conscience and you as a human being.


Offred is supposed to be a Scarlett Handmaid. This is blood’s colour, referring to the colour of menstruations. This is also lust colour. But here lust or desire or physical attraction is out of question, at least in public. And intimacy’s sphere has critically vanished. We discover page after page that Offred’s world is a real nightmare: women have returned to the mere status of biological matrices. As a woman, aren’t you sometimes asking: what if, tomorrow one on ten women became sterile? Would you be able to sacrifice your life and freedom for the humanity survival? Would you have the choice? Isn’t that question reminding you how lucky we are to live in countries on which any woman is responsible for her body and can decide if she wants to have a baby or not? That is the second dilemma raised by the novel.


The piece of M ATWOOD is taking place in Gilead. It is a created country within the United States as we know them. Some typical places prove it. But, in this new little independent nation, all women’s rights have been abridged and a new regime has been set up. Most of freedom basics have disappeared: disloyalty or rebellion against the government have become a crime. Watching cameras called « Eyes » are everywhere and punishment is often public torture or even hanging. As a result, Gilead’s government appears as a real totalitarian regime, gathering all criteria: watching, militarisation of civil society and rights’ annihilation. Moreover as made explicit in an adage: « God is a national resource » , Gilead’s government is also a theocracy. Base on the Bible, laws and principles have been changed. Women are structured following houses’ organisation. The commanders thanks to their social status have three women in their house: a Wife, a Martha, and a Handmaid and each one is dedicated to a specific function…





Through those three main issues, M ATWOOD explores the risks encountered whenever an extreme ideology is implemented shall it be inspired by religion or not: the strength of her thoughts is the way she balances her opinions. Firstly, she clearly emphasizes that what are needed are insight and wisdom by comparing some acts of Gilead government to feminist extremists ones. And secondly, her heroine story is the perfect illustration of one human weakness: the natural disposition to complacency, as the Handmaid’s mother used to say « it is truly amazing what people can get used to, as long as there are a few compensations ».


In a whole, this M ATWOOD novel is a real literature masterwork. Wealth in literature devices, it offers us a real opportunity to wonder about philosophical, social and political issues.

 

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