+ de questions

Lundi 9 novembre 2009

9 Novembre 2009, il y a vingt ans, le mur de Berlin s'effondrait sous les coups de maillet, sous la colère des peuples opprimés et au terme de 28 ans d'existence. 20 ans après, le "rêve socialiste" est mort. Et des espoirs surgis de derrière le mur, peu ont été satisfaits. Pour féter dignement cet évènement qui marquait l'histoire de l'Europe et de sa constitution comme puissance multi-nationale, je vous propose cette semaine trois articles:

Le premier recensera certains des témoignages publiés cette semaine: Quelle ville est Berlin? Comment la chute du mur a marqué les mémoires?

Le second sera un compte-rendu de la rencontre entre DVERNET et B BADIE du 26 Octobre, 1989 - 2009: De la guerre froide au choc des civilisations

Le troisième tentera une approche objective des faits: la chute du mur et ses conséquences, depuis 1989 jusqu'aujourd'hui.


La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989Source : La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, publié le 17 mars 2009 par Blizzzard


N'hésitez pas à me raconter ce que fut pour vous la chute du Mur, où vous étiez, ce que vous faisiez, ce que vous attendiez de cet évènement, et à quel point le monde a changé pour vous depuis!

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Vendredi 30 octobre 2009

Il y a quelques semaines, le Ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire honorait encore son rôle dans la république Française en renvoyent par charter 3 Afghans dans leur pays, certains objecteront qu'on ne peut pas acceuillir tout le monde en France, mais quand on sait que les soldats français ont été envoyés là-bas pour reconstruire la paix (ce qui signifie que la paix n'y est pas...), les Afghans sont-ils "tout le monde"?
Mais l'édifice semble présenter quelques brèches, des deux côtés!

Expulsion d'Afghans : Besson découvre l'insécurité à Kaboul (RUE 89)

Des parents de soldats français tués à Uzbin portent plainte (LE PARISIEN)

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Dimanche 13 septembre 2009

A l'adresse des parents, des jeunes étudiants, de ceux qui passent leur bac cette année, je conseille la lecture de l'ouvrage de Florence NOIVILLE: J'ai fait HEC et je m'en excuse. L'objectif n'est pas de dénigrer gratuitement ce système de formations (Grandes Ecoles), juste d'amener à une réflexion sur ce que vous avez envie de devenir ou de transmettre à vos enfants... Bien sûr cela reste une chance de pouvoir faire des études, surtout de ce niveau, encore faut-il avoir la force et la personnalité pour ne pas devenir un petit mouton bien obéissant...


En attendant vous pouvez lire l'échange surréaliste entre l'auteur et Bernard RAMANANTSOA, président du groupe HEC. J'espère que vous me laisserez en commentaire vos impressions...


Source : madame.lefigaro.fr
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Dimanche 30 août 2009

La race n’existe pas. Les différences raciales sont une construction de l’esprit. Pour les humains. Chez les animaux, on définit comme « appartenant à une race » deux individus faisant partie de la même espèce (aptes à se reproduire) dont les génotypes et phénotypes sont suffisamment éloignés. Ces variations génétiques doivent être le résultat de croisements et sélections effectuées par les hommes. Évidemment, cette notion reste toute relative car difficilement quantifiable.  Elle est aussi source de controverses car attachée à la Nature même de l’Humain.

 

Pendant longtemps, la question ne s’est pas posée. Les peuples chacun chez eux se confrontaient pas sur des motifs « existentiels ». Il était question déjà de territoires, de politiques, de religion ou de nourriture ( guerres antiques, massacres entre les peuplades pré-colombiennes ) mais ce n’est que le développement des moyens de transport et des outils de navigation qui vit naître la considération d’hommes autres: peau noire, cheveux crépus, yeux bridés, mentons imberbes… autant de caractéristiques physiques laissant penser que ces hommes-là n’étaient pas les mêmes, suffisamment différents pour que leur nature soit questionnée! Dès lors, nombre de théories surgissent: ce sont des sous-hommes, des oubliés de Dieu, des animaux à élever au rang d’Hommes… L’existence d’une sous-classe d’hommes devient l’alibi parfait pour construire une civilisation en s’appuyant sur l’usage abusif du travail d’une autre population. Tous les ingrédients sont réunis. Des territoires vastes et extrêmement riches. Le développement des techniques agraires - certes encore extensives -. Les populations urbaines croissantes et nécessitant un apport alimentaire régulier.

 

L’ouvrage des Éditions Flammarion, collection les grands Débats : « C’est à ce prix que vous mangez du sucre ! » offre une vision très complète des problématiques de l’Esclavage. Ancrant son analyse dans l’Histoire depuis l’ère dorée des contrées arabes jusqu’à l’essor du commerce triangulaire, il décrypte les motivations des Esclavagistes, analyse la montée des opposants et nous raconte l’Abolition de l’Esclavage.

 

Bien sûr, rien de nouveau dans ses pages mais il est enrichissant de découvrir que certains discours aujourd’hui employées à des fins politiques (déterminisme génétique et géographiques) existaient déjà… Allant même plus loin que la dénomination de race inférieure, les Noirs sont souvent considérés comme un état d’être non humain. Le mystère de la couleur noire et des caractéristiques associés, nez épaté, front large et lèvres épaisses amène à des conclusions douteuses : «  L’infériorité intellectuelle du nègre se lit sur sa physionomie sans expression ni mobilité. Le Nègre est un enfant. […] la tutelle des Européens leur est tellement indispensable pour maintenir chez eux les bienfaits de la civilisation. » Les races humaines (L FIGUIER), 1878. On oppose la « civilisation », blanche par essence à l’état sauvage ou de nature dans lequel vivent les populations indigènes à la peau foncée. On déduit que le manque de confort et d’éducation aux principes sociaux Européens est une conséquence de la couleur de la peau, symptôme d’une intelligence et d’une aptitude inférieure.  On impose au final à un peule un jugement via un système de valeurs étrangères.

Heureusement, dès cette époque, les arguments opposés étaient eux aussi déjà là, bien avant l’ère du paternalisme colonial ou encore de la repentance. Ainsi, tout comme dans ses Lettres Persanes (Lire la note de Cachou), MONTESQUIEU prend la voix de ses ennemis pour se moquer de leurs arguments : « On ne peut pas se mettre dans l’esprit que Dieu […) ait mis une âme dans un corps tout noir !» De l’esprit des lois, 1748. Voilà qui ferait taire le plus convaincu des racistes s’il avait pris le temps de lire Montesquieu. En effet, que vient faire le corps, sa couleur ou sa forme dans cette histoire, pour un Chrétien, l’Humanité n’est-elle pas une question d’âme ? De la même manière, certains abolitionnistes critiquent les arguments des esclavagistes les considérant comme caricaturaux et dédaigneux : « On nous assure que les peuples de l’Afrique ont conservé l’usage des sacrifices. […]A qui persuaderait-on que les cent mille Noirs que l’on trainait annuellement d’Afrique en Amérique eussent été tous immolés à une hideuse superstition ? » De la traite et de l’esclavage des Noirs (Abbé GREGOIRE), 1815.

Enfin,  au cœur même de cette période, l’une des solutions envisagées aujourd’hui par les programmes des Nations Unies et Organisations Non Gouvernementales était déjà d’actualité : l’importance de l’autonomie et de l’indépendance des populations. La « faiblesse » relative des populations noires apparait comme une conséquence du comportement des populations européennes et non l’inverse : «  Les Nègres sont bornés,  parce que l’esclavage brise tous les ressorts de l’âme. Ils sont méchants, pas assez avec vous. Ils sont fourbes, parce qu’on ne doit pas la vérité à ses tyrans. Ils reconnaissent la supériorité de notre intelligence parce que nous avons perpétué leur ignorance […]. Vous êtes presque parvenus à [les] persuader qu’ils étaient une espèce singulière née pour l’abjection. » Histoires des deux Indes (Abbé RAYNAL), 1770.
 


Consulter le site : L'Esclavage par l'image

 
A cette lecture, on s’aperçoit que de tous temps la question de l’identité et de la «race» ont été proches sans jamais se juxtaposer. Non, il ne suffit pas d’une couleur de peau et d’une origine géographique pour construire une identité…. Ce serait presque trop simple !
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Vendredi 21 août 2009

Le Monde est de plus en plus complexe et de « moins en moins aimable » (remercions Hécate, qui utilisa cette formule très juste lors de notre rencontre du 27/06). Les problématiques s’entremêlent: économie, écologie, politique, religion, droits fondamentaux. Le tout créée un "embrouillamini" dans lequel il devient difficile de se positionner. Ici, on s’identifie par son métier, sa carrière ou encore de catégorie socioprofessionnelle. Là-bas, on s’observe entre ethnies à renforts d’Affirmative Action. Plus loin encore, les écharpes safran prennent une signification inattendue. En découle une question certes complexe mais centrale : quels sont les fondements de l’identité ?  Est-il possible de se créer une identité propre sans les repères religieux et claniques ? La liberté est-elle motrice ou contrainte dans la quête de soi ?


L’étude de l’histoire des Civilisations apporte certaines réponses. Ainsi après de longs siècles où le déterminisme géographique et civilisationnel a permis aux individus de trouver leur place, la religion a pris une place déterminante dans la structuration des peuples. Mais au XX° siècle, les  principes déterminants se combinent : en Europe, "Dieu est mort"  laissant place au règne de l’individu. Dans les pays neufs, « en voie de développement » laissés comme tels après la Décolonisation, ou aux États-Unis,  les structures sociales se constituent progressivement autour d’axes séculaires ou de nouvelles idoles. Mais au final la relation à liberté tisse le canevas dans lequel les hommes s’inscrivent leur laissant l’initiative du tracé ou faufiler un carcan dans lequel ils sont piégés.


Au travers d’analyses de textes littéraires ou de presse de tous temps, de critiques d’œuvres cinématographiques et de commentaires de travaux graphiques, nous vous présenterons un panorama de ces problématiques qui si il n’est exhaustif, tentera de recenser les courants de pensée fondamentaux.

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Samedi 15 août 2009

Voilà un long moment que Cachou m'a transmis sa réponse à notre questionnaire, et j'ai été bien vilaine de pas l'éditer immédiatement. En lisant ses réponses, je retrouve beaucoup de ce que je ressens moi-même et qui motive mon actuel souhait de reconversion professionnelle: Non, ni le monde, ni l'école, ni les hommes, ni la culture ne sont des produits de consommation!... Alors je vous laisse découvrir les mots de Cachou, plein de tendresse et d'humanité!

A quel âge as-tu décidé d’être professeur ?

Question amusante pour moi parce que ce métier est une vocation tardive. J’ai en fait décidé d’être professeur l’année scolaire dernière, à 25 ans.  J’avais toujours juré mes grands dieux que je ne serais jamais prof, pour ne pas vivre ce que ma mère a vécu (manque de considération, beaucoup –trop- de boulot, remarques acerbes sur les vacances, etc.) et, pour finir, une mise au point professionnelle l’année dernière m’a fait comprendre que mon travail de l’époque ne me convenait non seulement pas, mais que ma carrière ne me correspondait plus. J’ai dès lors pris des cours du soir et j’ai trouvé un boulot dans l’enseignement cette année scolaire-ci.

 

Quel autre métier aurais-tu rêvé de faire ?

Des tonnes, ça a toujours été mon problème. J’aurais voulu être libraire, bibliothécaire, éditeur, critique de cinéma, producteur de films, météorologue, astrophysicienne, astronaute et je m’arrête là. Mais avant tout, je rêve d’être écrivain un jour (un peu comme chaque lecteur ^_^)

 

Quelle matière aurais-tu détesté enseigner ? Pourquoi ?

Réponse évidente  pour moi : l’éducation physique (je ne suis très sportive). 

 

Comment choisis-tu un roman à faire lire / étudier ? Conseilles-tu des lectures « hors cadre », pour les vacances par exemple ?

Tout comme J.K. Rowling a dit que pour écrire de bons livres pour enfants, il faut bien se rappeler de ce que l’on ressentait étant enfant, je pense que pour choisir les romans à faire lire, il faut s’imaginer la manière dont on les aurait reçus en tant qu’adolescent. J’essaie donc de choisir des livres susceptibles d’interpeler mes étudiants, tout en considérant aussi la partie « plaisir de lecture », parce que je veux avant tout leur montrer qu’ils peuvent lire pour autre chose que par obligation. Je m’adapte aussi aux sujets qui les intéressent et aux dernières lectures effectuées que j’ai trouvées intéressantes. Le livre qui a eu le plus de succès cette année auprès de mes élèves est « Ce Cher Dexter », qui était dans la sélection sur le thème du plaidoyer (les élèves devaient écrire un plaidoyer pour défendre le personnage principal du livre lu). Pas forcément de la grande littérature, mais je voulais leur offrir un sujet plus « détente » et ça a bien marché.

Je conseille aussi des livres en fonction de mes lectures du moment ou des sujets abordés par les élèves.

 

Quel est le roman as-tu eu le plus de mal à faire passer auprès de tes élèves ? (lecture et/ou explication)

Les romans réalistes et naturalistes. Bon, autant le dire tout de suite, c’est peut-être dû au fait que je ne suis pas moi-même très cliente du réalisme, cela a donc dû se ressentir lors de mes cours. Mais dès le commencement de la séquence consacrée au réalisme, j’ai senti que mes élèves étaient réticents, je me suis même fait l’avocat du diable alors que j’aurais moi-même condamné ces livres…

 

Au niveau de la langue, est-ce que tu ressens vraiment les lacunes de tes élèves ou ce qui en est conté dans les médias est exagéré ? Pour toi, quelle en est la raison principale ?

J’ai de la chance d’être dans une école de bon niveau, je n’ai pas trop ressenti ce genre de choses. Les lacunes que j’ai pu constater se situaient surtout au niveau de l’orthographe, et n’en déplaise aux bien-pensants, celles-ci ne sont pas une conséquence de l’utilisation d’une forme de langage « smsien » ou « msnien » mais bien de réformes scolaires ne permettant plus d’insister sur cette partie spécifique du cours de français. On ne peut plus consacrer beaucoup de temps à l’orthographe, il ne faut donc pas s’étonner que celle-ci se dégrade chez les élèves.

Que conseillerais-tu à un parent dont l’enfant éprouve de telles difficultés ? As-tu le sentiment qu’il arrive un moment où tout est perdu ?

Rien n’est jamais perdu. Avec du travail, on arrive à rattraper beaucoup de choses. Certains ont juste besoin d’y consacrer plus de temps que d’autres et c’est là que le soutien des parents joue un rôle plus que primordial. Je conseillerais donc à un parent dont l’enfant éprouve des difficultés d’essayer de se mettre à la place de l’enfant. De réaliser que ce n’est peut-être pas dû au fait que celui est paresseux ou bête, que la source du problème peut être autre. Et surtout de ne pas baisser les bras si les résultats ne sont pas immédiats. Si on pouvait résoudre ce genre de problèmes rapidement et facilement, ça se saurait, non ?

 

Quel type de projets engages-tu avec tes élèves qui les enthousiasme vraiment ?

Cette année, deux projets leur ont réellement plu : mettre en scène (en privé, juste devant leur classe) un passage d’une pièce étudiée et recevoir en classe un auteur. De manière générale, j’ai l’impression que tout ce qui permet d’inscrire le cours de français en dehors du concept « un prof, des élèves, un cours et une matière à suivre » les intéresse.

 

Plus généralement, que penses-tu de la vision de l’école par le public, j’imagine que cela te rend triste… ?

Oui, mais en même temps, j’ai constaté (notamment chez mon ancien patron) que les plus véhéments à véhiculer une image négative de l’école sont ceux qui la considèrent un peu comme un produit de consommation. Il faut que l’école réponde à leur(s) exigence(s). Il faut que le directeur et les professeurs aillent dans leur sens et les traitent comme des clients (et tout le monde connaît la politique du client-roi, n’est-ce pas…). Il faut obtenir le meilleur produit au prix le moins cher (donc faire de leurs enfants des génies sans pour autant que ceux-ci n’aient à fournir trop d’effort). Dès que l’on s’enferme dans cette manière de concevoir l’école, on ne peut qu’en tirer une image négative, parce que l’éducation n’est pas et ne pourra jamais être un simple produit de consommation.

 

Si tu devais faire un souhait pour l’école, quelque chose de fou qui pour toi permettrait de régler beaucoup de problèmes, quel serait-il ?

Avoir un système permettant de nous adapter aux différents modes d’apprentissages de nos étudiants, des classes plus petites et des programmes plus souples, afin de pouvoir réussir à intéresser les élèves sans cette continuelle peur de « ne pas réussir à suivre le programme ».

 

 Le succès de Entre les murs est-il pour toi un encouragement pour le système éducatif ou une « publicité pour cancres » comme on a pu lire dans certaines critiques ? 

Ni l’un, ni l’autre. C’est un film qui a montré la réalité d’une école, qui n’est pas celle de tous les établissements scolaires. Il a permis aux spectateurs de faire amende honorable en s’intéressant pendant deux heures aux sort des écoles « à problèmes » avant de les laisser retourner à leur quotidien et tout oublier. Mais en même temps, il a réussi à soulever quelques problématiques, même si les actions n’ont pas semblé suivre…

 

Que souhaiterais-tu faire passer comme message sur ton métier, l’école, tes élèves ?

Pour donner cours, il faut être passionné et habité par une énergie immense. J’aimerais que tout le monde en prenne conscience. Qu’on arrête de désigner les professeurs comme des paresseux (la blague que j’entends continuellement depuis mon changement de profession), qu’on arrête de penser qu’ils ont la solution à tous les problèmes (autrement, ils deviendraient d’office dirigeants du pays…). Ce métier est incroyable, il est gratifiant mais éreintant, passionnant mais démoralisant, il est très ambivalent.

Retrouvez les autres articles du thème.

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Vendredi 29 mai 2009

Nous avons déjà posé quelques idées... ici et ! Mais il nous fallait une caution de l'intérieur, pour s'assurer que nous n'étions pas à côté de la plaque. Voici l'échange que nous avons eu avec Ameleia, professeur de lettres modernes et de Théâtre à Clermont-ferrand (sa page facebook ):

Le métier de professeur
A quel âge et pourquoi as-tu souhaité devenir professeur ? Quelle idée te faisais-tu de ce métier ?

Je suis devenue professeur par vocation à 24 ans. Je suis moi-même fille de prof. Or, c'est un métier assez peu transmissible. Ce qui est tout aussi surprenant c'est que je n'avais pas aucune idée de l'enseignement, juste la certitude que je devais faire ce métier. L'idée était d'abord de parler, parler, parler de littérature. Progressivement j'ai appris à enseigner. Je préfère cela !

- Petite, admirais-tu tes professeurs ?

Oui, bien sûr ! Je me suis construite pas « les maîtres ».  J'en étais même amoureuse. Le transfert et l'admiration sont des nécessités. Mais là encore le paradoxe est dans le détachement. J'ai été appréciée de mes profs quand j'ai grandi et pris du recul ; aujourd'hui je suis d'autant plus appréciée de mes élèves que je ne cherche plus à m'en faire aimer. Je continue de croire que ce transfert est constructeur et même s'il fait souffrir, je sais que pour certains élèves il est salutaire, comme il l'a été pour moi. 

- Qu’est-ce qui te satisfait le plus en tant que professeur ? Qu’est-ce qui te déplait le plus ?

Ce qui me plait le plus : l'imprévisible, l'impromptu,  la spontanéité surgissant de toute part. Et en même temps sa permanente théâtralisation.  Jouer son propre personnage et s'improviser en connaissance de cause en s'adaptant à toute allure, à chaque situation.  L'instant et la distance. En direction de mes élèves, je suis encore assez fusionnelle, il me faut  être bien au sein d'eux. Et puis j'adore en quittant la salle, tout oublier. Revenir à ma vie. J'aime mon métier quand il me fait voyager ailleurs. Quand il me fait forcer, il m'épuise et je me mets à le détester. C'est ce  qui me déplait le plus :  Agir contre les forces. 


- Quelle relation cherches-tu à établir avec tes élèves ? Comment réussis-tu à ne pas laisser ces relations envahir ta vie personnelle ?
Ah la vie personnelle ! C'est  justement une question de vie personnelle. Plus votre vie extérieure est riche et forte moins celle de vos élèves vous atteint. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne vous enrichissent pas. Au contraire. Il y a un paradoxe difficile à définir que je ne réussis à expliquer que par la métaphore animale. J'ai besoin de la reconnaissance Absolue et unanime de mes élèves. Je suis fusionnelle et exclusive et ma soif de reconnaissance est toujours la même depuis 10 ans. Cela dit, je ne me mets plus en demande, ce qui a tout changé. Je les sens, je suis au coeur d'eux, j'impose mes rythmes par les leurs, ils me sentent, c'est une manière d'instinct. Ce n'est plus moi qui travaille, c'est eux. Je suis chef de meute et observateur. Ils progressent, je ne me fatigue plus. Une espèce de pédagogie par le flaire. Mais qu'on ne se méprenne pas : ils ne peuvent pas me décevoir !


L’école
-  On entend souvent dire que « l’école n’est plus ce qu’elle était autrefois », es-tu d’accord ? en quoi et pourquoi ? Quelles sont les qualités requises pour être un bon professeur aujourd’hui ? Le métier te semble t-il avoir beaucoup changé depuis une vingtaine d’année?

J'enseigne depuis 10 ans et je suis sur la pente douce. Il faut être éternellement jeune et instinctivement mature. Tout en antenne. Une espèce de bête qui fonctionne à l'instinct. Encore la métaphore animale. Oui, les élèves ont changé. L'adaptation se joue de la seconde à la seconde. Ce qui me frappe surtout c'est leur difficulté à écouter un discours qui s'adresse à « tous ». Ils n'entendent que ce qui est pour eux. « Aime-moi, écoute-moi, vois-moi... » un cours traditionnel devient quasiment impossible et pourtant il faut lutter pour maintenir cette parole collective parce que c'est le seul moyen d'instaurer et de faire valoir ce respect qu'eux-mêmes prônent tant. 

En revanche, je me mets en colère quand j'entends ce discours nostalgisant sur l'école mieux autrefois qu'aujourd'hui. C'est un discours dangereux. Et j'observe souvent qu'il provient de parents qui ont eux-mêmes détesté l'école dans le système qu'ils veulent rétablir pour leurs enfants.

- Quel conseil donnerais-tu à un jeune d’une vingtaine d’année qui souhaite devenir professeur ?
Génial ! Qu'il ose ! Mais qu'il sonde sa force et sa nature. Il faut aimer les autres, il faut aimer la relation très particulière avec les ados, le nombre, le bruit, les situations d'urgence etc... En plus, il faut aimer, maîtriser follement sa discipline. Pas d'enseignement sans passion, pas de transmission possible sans son enseignement passionné. Beaucoup de profs sont excellents dans l'excès contraire de ce que je décris. Je ne suis pas de ceux-là.

- Quel aspect du système scolaire aujourd’hui te semble le plus absurde ? Que proposes-tu pour l’améliorer ?
Il y a beaucoup d'aberrations mais étonnement elles sont difficilement formulables. C'est la preuve que votre question est bonne ;)

Nous sommes trop académiques. Je n'ai jamais autant vu mes élèves s'épanouir que lorsque nous sortons l'école de l'école. Les responsabiliser par des projets concrets ouverts sur la vie, la culture (je n'ai pas dit sur les entreprises !). Ils voient du reste à quel point les adultes peuvent être décevants.  Mais ça coûte cher. Nous ne travaillons pas non plus assez avec les nouveaux médias. (on peut faire du grec sur Internet !) L'état supprime les postes et les budgets. Il fallait doubler le nombre d'enseignants et dédoubler les classes en développant des projets de groupe. Conséquence :  on resserre les individualismes, on creuse encore plus les écarts. L'orientation est devenu une grande farce nationale. L'absurdité du système épuise plus les enseignants que les élèves eux-mêmes.

Lire la suite là, chez AnaJoe!

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Jeudi 30 octobre 2008
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Mercredi 29 octobre 2008

J-6


C'était il y a quarante ans...

"Fils et petit-fils de pasteur Martin Luther King (MLK) est devenu un des plus grands défenseurs des droits de l'homme et de la paix de ce siècle. Elevé dans une société régie par la ségrégation (sud des Etats-Unis), il va très vite lutter en faveur de l'intégration des Noirs dans la société américaine. Son action commence en 1955, lors de l'affaire du boycott des transports publics de Montgomery et se poursuit dans la revendication des «Civil Rights» (droits civiques). Arrêté, injurié, menacé de mort, sa maison dynamitée, il ne cesse de prôner le recours à la non-violence : Rassemblements, marches (comme celle de Washington - plus de 250'000 marcheurs de la paix -), sit-in, manifestations et désobéissance civile. Il se bat également pour l'obtention des «Social Rights» (droits sociaux), car les Noirs se trouvent trop souvent dans la misère.
En 1964, il est le plus jeune lauréat du Prix Nobel de la paix a être récompensé : il n'a que 36 ans. Cette récompense traduit bien l'importance de l'engagement de cet homme charismatique en faveur des droits de l'homme et de la paix.
En 1968, à Memphis (Tennessee), M.L. King est assassiné, alors qu'il vient soutenir une grève des éboueurs de la ville. L'enquête est menée de façon hâtive, son assassin est rapidement arrêté, jugé et condamné à la prison à perpétuité (en 1996, alors qu'il est atteint d'une maladie incurable, il affirme qu'il faisait partie d'une conspiration…!)."

Texte issu de la source:
http://www.nobel-paix.ch/bio/king.htm

L'Amérique saura t-elle honorer dignement cet anniversaire?

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Vendredi 1 août 2008
Il semble que la guerre qui inspira Lions for Lambs ainsi que très largement la dernière campagne présidentielle américaine ait également engendré nombre d'articles d'opinion dans la presse anglo-saxonne. Ainsi, lors d'un cours d'anglais (payé par le grand kapital, la classe internationale!), je suis tombé sur cet excellent article du non mois excellent monthypython, Terry JONES: "I'm losing patience with my neighbours, Mr Bush".

Par une habile métaphore filée, il démonte l'absurdité du raisonnement qui mena les Etats-Unis à déclarer la guerre à l'Irak: paranoïa, peur, règne de l'affectif sur l'objectif. Si bien sûr on ne peut nier que nombre des motivations sont économiques et cachées, l'article reprend assez justement le processus décrit par la journaliste dans le film nommé ci-dessus et qui fut egalement celui dénoncé dans
Charlie's Wilson War: quand le mécanisme psychologique est enclenché, même si rationnellement la guerre n'est plus justifié, plus moyen de reculer et hors de question de discuter!

Quelques savoureux passages:

"I'm really excited by George Bush's latest reason for bombing Iraq: he's running out of patience. And so am I!"

"don't ask me how I know, I just know - from very good sources -"

"It's the same in my street. Mr Johnson and Mr Patel are just the tip of the iceberg. There are dozens of other people in the street who I don't like and who - quite frankly - look at me in odd ways. No one will be really safe until I've wiped them all out. "

"It's just as sane as what George W. Bush is proposing - and, in contrast to what he's intending, my policy will destroy only one street. "



A rapprocher de la lecture de
L'attentat de Y KHADRA ou encore Eureka Street de Robert MAC LIAM WILSON sur le thème de la banalité du mal.
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